Une production d’environ un kilogramme de déchets par jour et par habitant est enregistrée en Algérie. Celle-ci n’est pas sans conséquences sur l’environnement. L’absence de moyens de destruction de ces ordures augmente le nombre de décharges sauvages.
C’est le cas au niveau de la wilaya de Bejaia où pullule ce genre de décharges faisant de la région une grande poubelle à ciel ouvert. Des projets de centres d’enfouissement technique, de décharges contrôlées et autres unités de recyclage sont au stade d’études ou de régularisation administrative. Pourtant, il faut bien mettre un terme à cette situation laquelle porte atteinte à l’environnement et à la population comme c’est le cas à Aokas où se trouve une décharge sauvage en bord de mer. Le projet de réalisation d’une unité de traitement et de recyclage de déchets ménagers à Aokas suscite moult interrogations malgré le fait qu’une fois réalisée, cette unité débarrassera, à jamais, la commune de sa fameuse décharge balnéaire laquelle serait à l’origine, non seulement de l’enlaidissement de cette belle côte du saphir, mais aussi de la propagation de maladies qui font leur apparition, ces derniers temps, dans la région. Delta Environnement Consortium est l’entreprise porteuse du projet qui a opté pour la méthode de son partenaire européen, à savoir la technologie de traitement des déchets solides municipaux, connue sous le nom d’hygiénisation active de «GeiserBox». Ce processus consiste à soumettre les déchets à un environnement concentré de vapeur à haute température et haute pression sans combustion. Il en résulte un mélange hétérogène de matières propres, stérilisées et inodores qui peuvent être facilement triées, récupérées et recyclées en quatre fractions différentes, apprend-on auprès des services de l’APC d’Aokas qui sont en possession d’une fiche signalétique élaborée à cet effet par le porteur du projet. Ainsi donc, ces quatre fractions sont les fibres organiques, les plastiques, les métaux et les matériaux rejetés. La ségrégation optimale des déchets hygiénisés en sous-produits permet d’en tirer une dizaine de sous-produits de ces quatre fractions. Trois zones composent l’unité de traitement et de recyclage. La première est destinée à la réception et à la collecte, la deuxième est celle où a lieu le processus d’hygiénisation active et la troisième est destinée à la ségrégation, au tri et à l’élimination ou la récupération ultérieure. Le recours au recyclage permet de réintroduire dans un cycle de production tous les matériaux utilisés dans la vie quotidienne. Au lieu donc de se débarrasser de tous les déchets, on valorise une bonne partie d’entre eux en les transformant afin de pouvoir les réutiliser, offrant la possibilité d’économies de matières. Cela permet de sauvegarder les ressources naturelles de la terre et de limiter également la pollution de l’air et des sols. Sinon, il existe d’autres méthodes de traitement de déchets considérées, présentement, comme révolues. Il s’agit, notamment, de l’incinération, de l’enfouissement et du compostage. Pour le cas du projet d’Aokas, le chef de service technique de la commune dira qu’administrativement, il n’y a aucune opposition après l’enquête publique et l’avis des services concernés en plus du mouvement associatif lequel a été associé lors de la présentation du projet par l’opérateur. Dès la mise en service de cette unité, la décharge sauvage balnéaire actuelle sera débarrassée de 80 % des ordures qui la composent en l’espace d’un semestre, nous apprendra l’adjoint au maire. Pour le dit projet, une assiette de terrain d’un hectare est amplement suffisante, fera savoir notre interlocuteur. Celui-ci informera de l’avis favorable des services des forêts quant à la distraction, en cours, d’un terrain forestier d’une superficie de 8 hectares initiée par la commission de wilaya de choix de terrain au niveau du site d’Aguemoun. Ce dernier est prévu pour recevoir une décharge contrôlée laquelle peut, également, être remplacée par l’unité de traitement et de recyclage. Toutefois, le chef de service technique de la commune d’Aokas dira que l’unité de recyclage que compte réaliser la commune fera bénéficier la population d’une centaine d’emplois directs et de plus de 1500 indirects en plus de la création de micro-entreprises pour la prise en charge d’activités secondaires qu’offrira l’entreprise réalisatrice.
A. Gana

