À l’instar de toutes les communes du pays, la campagne de vaccination contre la rougeole et la rubéole (R-R) a été lancée, en début de semaine dans la municipalité de Frikat et se poursuivra normalement jusqu’au 15 mars comme prévu par le ministère de la santé, de la population et de la réforme hospitalière. Il faut souligner que la tutelle a décidé de mener une telle opération afin d’amener le taux de la couverture sanitaire à travers les écoles primaires et les collèges à 90%, comme le souhaite l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) d’ici 2020. C’est au niveau de l’école primaire «Amrane Leulmi» d’Ath Boumaâza à une dizaine de kilomètres du chef-lieu communal que le coup d’envoi a été donné le 07 mars. En effet, dès huit heures, l’équipe médicale et paramédicale de la polyclinique «Arezki Louni» est arrivée dans l’établissement précité. «Nous avons commencé par cette école. Tout d’abord, je vous informe qu’avant le lancement de cette vaccination, nous avons tracé notre organigramme de passage dans les établissements de la commune. Pour notre première sortie, sur les 48 élèves inscrits dans cette école, nous avons vacciné 42 d’entre eux. Concernant les autres, soit ils sont malades soit ils sont absents. Après leur vaccination, nous avons attendu deux heures de temps comme observation pour voir s’il y avait des réactions de rejet ou autres complications. Dieu merci, nous n’avons enregistré aucun indisposé et tout s’est passé dans une organisation parfaite avec le concours du directeur et des enseignants. Je tiens à souligner le fait que le transport de nos équipes a été assuré par l’APC», nous confiera le chef de service de la structure sanitaire chargée de cette campagne. Par ailleurs, notre interlocuteur nous apprendra qu’au moins deux mille élèves sont concernés par cet acte. «Nous avons reçu 1882 doses. C’est un quota suffisant pour mener à terme cette campagne de vaccination», ajoutera notre interlocuteur. Notons que cette campagne vise à éradiquer ces deux maladies d’ici 2020. À l’échelle de la wilaya de Tizi-Ouzou, l’on apprendra que 173 000 doses ont été déjà distribuées à travers les polycliniques qui assureront cette opération.
Des parents s’opposent et l’équipe médicale refoulée au deuxième jour
Apparemment, la campagne de vaccination décidée par le ministère de la santé, de la population et de la réforme hospitalière à l’intention des enfants scolarisés âgés entre six ans et quinze ans contre la rougeole, les oreillons et la rubéole n’est pas du goût des parents. En effet, si dans certaines localités, les équipes médicales des UDS ont été acceptées dans les établissements scolaires, il nous a été donné d’apprendre que des parents ont fait barrière et ont refusé catégoriquement que leurs enfants soient vaccinés. Avant-hier, à l’école primaire frères Harchaoui, des dizaines de parents ont perturbé cette opération. D’ailleurs, selon nos sources, le vaccin n’a pas été administré à ces écoliers et c’est le cas de nombreux établissements. D’ailleurs, même si les directeurs exigeaient des parents des engagements dispensant leurs enfants de ce vaccin, l’adhésion des autres n’est pas totale. » C’est un nouveau vaccin. Nos enfants ne sont pas des cobayes. Avec tout ce qui se passe, on ne croit à rien. Depuis quand un tel vaccin est-il administré à des enfants de cet âge? « , s’interroge ce parent qui accompagnait son enfant accosté devant l’établissement précité. Il faut savoir que les parents qui ont refusé ce vaccin sont des cadres notamment des médecins, des pédiatres et autres auxiliaires de la santé. » Lorsqu’un médecin rejette ce vaccin, que dira un illettré? « , se demande cette dame. Du côté des spécialistes de la santé, on a appris que ce vaccin existait depuis déjà une vingtaine d’années sur le marché et il n’a jamais provoqué des cas de décès comme il est colporté ici et là par certains médias. » C’est une directive émanant de l’organisation mondiale de la santé demandant aux Etats membres d’éradiquer ces maladies d’ici l’horizon 2020. En principe, il n’y a aucun problème à ce sujet », nous explique un cadre de la santé. A Frikat, au deuxième jour de la vaccination, l’équipe médicale a été refoulée de l’école primaire qui compte 75 élèves. » Les parents se sont opposés et on n’a pas droit de les obliger », nous répond une source proche de l’équipe médicale. Au sujet des 42 élèves vaccinés lundi à Ath Boumaâza, notre source nous informe qu’avant-hier mardi le médecin et les infirmiers leur ont rendu visite. » Ils se portaient bien. Aucun parmi eux n’a manifesté un rejet. Ils étaient tous présents. D’ailleurs, même le jour de la vaccination, nous les avons gardés en surveillance durant deux heures. Or, la circulaire ne prévoyait que trente minutes d’observation », nous confirme la même source source. En tout cas, si les parents rejettent ce vaccin, cela est dû peut être au manque de sensibilisation. » En principe, avant de lancer cette campagne, les responsables de la santé et ceux de l’éducation auraient d’abord fait passer des spots publicitaires et des garanties à son sujet. C’est un manque de communication », pense un parent qui ne voyait aucun inconvénient que ce vaccin soit administré à ses enfants. Il est attendu que ce malentendu soit dissipé avant la fin de cette campagne.
Amar Ouramdane
