Une cité dans la gadoue

La cité Haddouche dans la ville de Seddouk, appelée communément Cité des 120 logts, où se trouve le siège de la daïra, l’ex-caserne de la Gendarmerie nationale, une école primaire et la caserne de la Protection civile, attend toujours des pouvoirs publics une action qui puisse la sortir de sa torpeur. Elle ne cesse de prendre de l’ampleur par de nouvelles constructions publiques et privées. A son extension en aval par la construction d’une série de bâtiments sociaux OPGI, s’ajoutent en amont la construction de logements groupés rentrant dans le cadre de la promotion immobilière appartenant à des enseignants et des fonctionnaires, ainsi qu’un lotissement regroupant une vingtaine de constructions en cours de réalisation. Implantée sur un terrain légèrement accidenté, elle a bénéficié tout récemment d’un projet d’aménagement urbain consistant seulement en la construction d’un muret en pierre taillée locale tout le long de la façade longeant la grande route. Aussi, les façades enfumées de certains immeubles qui n’ont pas reçu de réfection pendant plus d’une décennie ont été embellies par une peinture bigarrée, et le reste des immeubles peut toujours attendre. Néanmoins, l’état des lieux n’est guère reluisant et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’endroit laisse plutôt à désirer. Ainsi, les voies d’accès et les espaces situés à l’intérieur de cette cité sont dans un état de détérioration avancé. Au moment des intempéries, les habitants des immeubles, notamment ceux situés en contrebas, trouvent du mal à se frayer un chemin pour rentrer chez eux et encore souvent avec des souliers pleins de gadoue et les vêtements maculés d’eau boueuse par les véhicules de passage. Les enfants, avec tous les risques qu’ils encourent, jouent au milieu des bourbiers faits de mares d’eau et de saillies. « Nous avons cru en un vie meilleure dans cette cité, mais rien ne fut de cela et la gadoue nous colle aux trousses même en ville. Notre progéniture, au lieu de s’ébattre dans un espace vert comme il a été prévu sur la maquette y afférente, pataugent dans la gadoue », raconte amèrement un habitant qui ne décolère pas. Et il poursuit : « Nous voudrions que les autorités locales se préoccupent de notre sort ».

L. Beddar