S. Ait Hamouda
La mésaventure de la mémoire souhaiterait que l’absurde quel qu’il soit, Sisyphe ou autre, soit la neutralité et le parti pris des élocutions embarrassées dans les imbroglios de nos interrogations. Comment le lait, pourtant aliment indispensable à l’individu quel que soit son âge, soit si rare aujourd’hui ? Comme l’exemple suivant, celui de l’acteur qui poursuit la gloire éphémère d’une vie éphémère. «Il démontre à quel point le paraître crée l’être». Il montre que les gus que nous sommes n’arrivent pas à se sustenter de ce produit si nécessaire, si vital et si essentiel à la vie. L’important pour nous est de vivre malgré tout, de tout et de rien, de rien et de tout, pourvu que nous subsistions de tout venant. Le lait est un aliment nourricier pour les vivants que nous sommes. Mais nous survivons au-delà de toutes considérations de n’importe quoi. Il fallut des circonvolutions, des détours et d’autres subterfuges avec la limite des demandes comme sauf-conduit, pour satisfaire nos faims. Le lait manque dans nos provisions, qu’il soit en poudre, ou en liquide importé, ou en nature de vache pure, il n’est pas d’autres produits dérivés de cet aliment, yaourts, fromages et autres qui soient disponibles sur les étals des marchés. Sauf quelque exception, les fromages ne sont pas rares, les yaourts non plus mais le lait se fait désirer ; et pourtant Tizi-Ouzou est la plus importante place où ce produit est disponible en quantité et qualité. Comment pouvons-nous parler d’économie multiforme alors que nous manquons d’un aliment aussi important que le lait ? Ce n’est pas normal, ce n’est pas courant, ce n’est pas banal que tout cela arrive dans notre pays ! Il arrive que le lait en sachet puisse faire défaut à nos shoppings mais qu’à cela ne tienne, l’important est dans les regrets que nous accumulons faute de les expliquer, nous les examinons avec la minutie d’horloger sans pour autant trouver des réponses à la problématique que nous nous posons. Le lait manque et nous ne trouvons nulle part une réponse qui nous satisfasse. Et tant pis pour nous, pauvres pécheurs.
S. A. H.
