Aïn El Hammam Les ophtalmologues se plaignent – Pénurie des médicaments

Différents spécialistes se plaignent de la pénurie qui frappe certains médicaments.

Pour disposer d’un flacon d’«atropine», un produit utilisé sous forme de collyre pour son effet dilatateur de la pupille, les médecins ophtalmologues doivent l’importer de l’étranger. Pour prodiguer des soins à de nombreux malades, le praticien ne peut le faire sans le fameux médicament. Au niveau des pharmacies de Aïn El Hammam et de nombreuses autres à Tizi Ouzou ville, la réponse des préposés à la vente est identique : «l’atropine n’est pas rentrée depuis plus d’une année. Essayez de vous la faire parvenir de France si vous connaissez quelqu’un là bas». Une réponse simple adressée aux patients jeunes ou vieux, riche ou démuni. Qu’importe ! Comme si tous les citoyens avaient les moyens d’importer leurs médicaments. Un ophtalmologue, chez qui nous nous sommes rendus, nous confie que s’il dispose du produit dans son cabinet, c’est grâce à des amis bienfaiteurs qui en ramènent régulièrement de l’autre côté de la Méditerranée. Il vient de réceptionner quelques flacons et en fait part à son assistante : «Ne renvoie pas ceux qui ont besoin d’atropine. Il y en a». L’infirmière s’exécute et sort informer les patients auxquels elle doit en administrer. Les médicaments et autres consommables nécessaires à la santé des citoyens disparaissent un à un des étagères des pharmaciens. C’est au moment où l’on en a besoin que l’on se rend compte que tel ou tel autre médicament est atteint par la pénurie. Pour avoir quelques flacons de vitamine B12, il faut encore lorgner du côté de l’Europe. Certaines marques de bandelettes pour le calcul de la glycémie des diabétiques manquent aussi à l’appel. Celles qui existent ne sont pas compatibles avec les glucomètres auxquels sont habitués les malades, particulièrement les personnes âgées qui ne veulent pas changer d’appareil même si on leur en propose un autre. Dans une pharmacie du centre ville, un sexagénaire venu chercher du «carbimazole», un médicament utilisé, selon la pharmacienne, pour traiter les troubles de la synthèse thyroïdienne, s’en est retourné bredouille. «Aucune pharmacie n’en a reçu depuis des mois», nous informe-t-il devant la pharmacienne qui approuve ses dires. «On peut se passer de la banane» ou encore, «on ne mourra pas si on ne mange pas de pommes et de Kiwis, mais on peut avoir des complications graves par manque de traitement. Nous voulons des médicaments avant les fruits exotiques», disent les malades.

A. O. T.