L’ancienne école saccagée

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Les anciens élèves de l’ex-école des Sœurs blanches de Ouaghzen sont outrés de se rendre compte de ce qu’il est advenu des lieux où ils ont fait leurs premières classes. Gisant par terre, le portail, qui doit interdire l’accès aux intrus, est la première image illustrant cette décadence qui s’offre à vous. Le collège est en ruine et devient un danger pour ceux qui s’en approchent.Abandonnée depuis la construction du nouveau CEM de Ouaghzen, l’école n’a cessé de subir les assauts répétés des vandales de tout acabit. Non contents de s’approprier les tuiles, les voleurs s’attaquent à tout ce qui peut servir ou se vendre. Les fenêtres, ainsi que les grilles devant les protéger, sont arrachées et emportées. Pour enlever les scellements des portes, les vandales doivent tout de même faire du bruit. Ce que personne ne semble avoir entendu puisqu’il n’y a guère de dénonciation pour devoir de citoyen. Les enfants, trouvant là une aire de jeux, à l’abri des regards, sont constamment exposés au danger que représentent ces toitures qui menacent de s’effondrer à la moindre secousse. Celles-ci, en effet, sont fragilisées par des destructeurs, sans scrupules, qui ont arraché madriers et chevrons. Les murs nus ou plutôt ce qui en reste risquent de s’écrouler à tout moment. L’an dernier, dans une de nos éditions, nous avons attiré l’attention des responsables sur l’état de dégradation avancée de cette structure mais personne ne semble concerné. Avant de devenir CEM, l’ancien ouvroir géré, à l’époque, par des Sœurs blanches, a permis à bon nombre de filles, aujourd’hui grands-mères, d’apprendre le calcul, le français, en plus de la cuisine, la couture et devenir de bonnes mères de famille. Elles en parlent aujourd’hui, les larmes aux yeux. Nous avons été abordés, il y a quelques jours, par un ancien élève de ce CEM, aujourd’hui, ingénieur. Il veut exprimer sa révolte en découvrant l’état d’un lieu de savoir qui, ne serait-ce que par reconnaissance à tous les ingénieurs, les médecins et autres cadres qui en sont sortis, devrait mériter meilleur sort. Des propositions pour en faire un centre de formation professionnelle ou un centre culturel, dont la région a grandement besoin, ont été faites à plusieurs reprises à des ministres en visite à Aïn El Hammam. Les promesses, si elles ne sont pas oubliées, tardent à se concrétiser.

Nacer B.

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