éDITION par la main des femmes – La poterie de Maâtkas à l’honneur !

La poterie modelée maghrébine est à l’honneur dans ce grand ouvrage scientifique et culturel, notamment celle de Maâtkas qui a eu tous les égards des auteurs. Sous la direction de Pierre Guichard, ancien professeur d’histoire du Moyen Âge à l’université Lumière Lyon 2 et actuellement correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres et avec la précieuse collaboration de plusieurs universitaires et chercheurs dont André Bazzana, Directeur de recherche émérite du CNRS, Jean Couranjou ancien Directeur à l’INRA, Armand Desbat, Directeur de recherche au CNRS, Marc Grodwohl chercheur indépendant (archéologie médiévale et anthropologie), et d’autres éminents spécialistes à l’instar de Ernest Hamel, Yves Montmessin, Vicente Morego Romero, Mohamed Said, Nozha Sekik, Marie Paul Imberti, Maria José Matos et Jorge Wagner, la Maison de l’Orient et de la Méditerranée et le Musée des Confluences ont consacré une importante part à la poterie Kabyle et de Maâtkas plus particulièrement, citée comme un important patrimoine culturel et identitaire à entretenir et à sauvegarder car menacé de disparition. La famille Mesbah, qui milite dans ce domaine et qui a été décorée trois fois en France, a été invoquée. On y trouve un long entretien avec Amar Mesbah, collectionneur activant dans la préservation du Patrimoine et néanmoins chargé de l’information du Festival de la poterie de Maâtkas. Toutes les variantes de la poterie modelée berbère ont été citées, domaine d’excellence des femmes du Rif et de Kabylie. D’une remarquable valeur esthétique, les poteries modelées de tradition berbère de Tunisie, d’Algérie et du Maroc ont été rapportées en grand nombre en Europe depuis le milieu du XIXe siècle. Elles ont depuis trouvé place dans plusieurs collections privées et publiques. Pourtant, elles restent très mal connues et n’ont encore fait l’objet d’aucune étude d’ensemble. Produites encore de nos jours depuis le Rif marocain jusqu’au Sahel de Sousse, ces poteries sont exclusivement modelées par la main des femmes qui les destinent à un usage domestique ou décoratif. Sans tour ni four, leur fabrication ne nécessite quasiment aucun outil et n’utilise que de l’argile et des colorants naturels, selon une technique qui remonterait à la fin du Néolithique. Des jalons archéologiques manquent cependant entre ces périodes anciennes et le milieu du XIXe siècle, époque à laquelle observateurs et savants européens ont sporadiquement commencé à s’intéresser à ces poteries traditionnelles que l’on a rattachées par la suite aux arts dits «premiers». Cet ouvrage collectif a comme première ambition de donner une idée sur la variété et la qualité de ces productions. S’il n’est guère possible d’en établir une typologie satisfaisante, ni de proposer une géographie exacte de leur provenance, on peut en revanche, et c’est le second objectif du livre, étudier la façon dont les poteries elles-mêmes ont été considérées, collectées et étudiées à partir de la seconde moitié du XIXe siècle puis tout au long du XXe siècle.

C. A.