Un véritable calvaire a été vécu, hier, par les automobilistes et citoyens qui empruntaient la RN12, fermée tôt dans la matinée par quelques jeunes qui réclamaient «du travail», au niveau de Chamlal. Ils étaient à peine une dizaine, certains ne dépassant pas les 15 ans, a-t-on constaté sur les lieux. Ils avaient usé de pneus et d’objets hétéroclites, pour barrer le passage. La nouvelle de la fermeture de la route s’est très vite répandue. Les transporteurs de voyageurs, qui venaient entre autres d’Azazga, Mekla, Tizi-Rached, voyant la file interminable de voitures, n’ont eu d’autres choix que de faire de grands détours, notamment à partir de Ouaguenoun pour rallier la ville de Tizi-Ouzou. Certains transporteurs ont carrément abandonné leurs passagers pour faire demi-tour, avant même d’arriver à Issiakhen, où les voyageurs prennent un deuxième transport pour atteindre le centre-ville de Tizi-Ouzou ou la nouvelle ville. Des centaines de citoyens n’ont eu comme alternatives que retourner chez eux ou faire des kilomètres à pied. «Je dois vacciner mon fils», nous dira une femme essoufflée qui portait un nourrisson dans ses bras. Un vieil homme, visiblement malade, devait lui à tout prix atteindre à l’hôpital, où il avait un rendez-vous qu’il ne pouvait se permettre de rater, a-t-il expliqué. Un étudiant s’est effondré en plein chemin. Les pompier ont dû intervenir pour l’évacuer à l’hôpital, difficilement d’ailleurs. D’autres étudiants et des travailleurs, tous à pieds, finiront toutefois par atteindre et dépasser le point de barrage à Chamlal. Là à leur grande consternation, ils comprirent qu’à peine une dizaine de jeunes, certains encore des enfants, étaient derrière cet énorme blocage. Trois gamins, ne dépassant pas les 15 ans, essayaient de déplacer un grand pneu vers le point de la contestation pour l’enflammer, avec un large sourire. La consternation fut générale parmi les voyageurs-piétons. «Mais où va-t-on !», diront certains, «Ce n’est pas possible d’être ainsi pris en otages par de jeunes inconscients», lanceront d’autres… La situation est restée en l’état jusqu’en milieu d’après-midi.
Kamela Haddoum

