Ighil Ali – Illougane, un village déserté !

La décennie noire qu'a traversée le pays a charrié avec elle son lot de désagréments, notamment dans la commune d'Ighil Ali, à 93 km de Béjaïa.

Dans cette localité, des villages entiers ont été désertés à cause des descentes punitives des groupes islamistes armés. Avec le retour de la paix, les villages touchés par le terrorisme commençaient à se repeupler, à l’exemple des villages de Tabouaânant et Tazla, nichés tous les deux sur deux collines abruptes et hautes de près de 900 mètres d’altitude chacune.

Ces deux villages, même si la majorité des villageois n’y sont pas retournés préférant plutôt rester là où ils sont où toutes les commodités sont disponibles, ont pu renouer avec la vie rustique qui les caractérise. Ainsi, la vie y a repris ses droits et la population est en nette augmentation, dénotant de l’amélioration du cadre de vie.

À présent, les villages peuvent faire vivre les habitants, et ce à la faveur des moyens mis par l’État à travers les différents mécanismes d’aides, notamment dans le domaine agricole. Ainsi, des unités avicoles, des étables pour l’élevage des cheptels, des terres plantées d’arbres fruitiers… y ont vu le jour. Ce qui permet aux villageois de vivre correctement et de ne pas dépendre uniquement de la ville.

Néanmoins, même si ces deux villages précités ont vu leurs habitants revenir, quoique partiellement, ce n’est pas le cas pour le village d’Illougane, situé à 30 kms d’Ighil Ali, chef-lieu communal. En effet, dans ce village, pas une seule âme n’y vive. « Il y avait juste un couple de vieilles personnes, mais qui a fini par quitter les lieux il y a quelques temps! », affirme un habitant d’Ighil Ali.

Ce patelin haut perché a souffert des descentes impromptues des islamistes armés qui y imposaient et dictaient leurs lois en terrorisant la population. Celle-ci a fini par quitter massivement le village pour aller vivre sous des cieux plus cléments. Et comme cette localité est déshéritée et qu’il y subsiste beaucoup de carences, les villageois n’ont pas rappliqué, pour y habiter à nouveau. Néanmoins, loin de couper le cordon « ombilical » qui les lie au village de leurs ancêtres, les « Illouganais » y retournent durant la cueillette des olives et la saison estivale, pour y redonner un semblant de vie à ce patelin montagneux.

Syphax Y.