Du 6 au 10 mai, l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa accueille la 4ème édition du Festival national universitaire du théâtre féminin.
La manifestation est organisée par RAJ (comité de l’université de Béjaïa), en collaboration avec l’Université de Bejaïa. L’édition est dédiée en hommage à Nabila Djahnine.
Selon les organisateurs, les objectifs assignés au Festival sont : «Faire un diagnostic réaliste de la situation des femmes, sur les plans social, économique, culturel et politique, à travers les ateliers et d’autres activités. Faire participer les femmes dans la promotion de la culture. Donner la possibilité aux femmes de s’exprimer davantage. Avancer des propositions issues de différents ateliers qui seront ensuite soumises à la société civile et aux autorités concernées et qui pourraient donner suite à des initiatives citoyennes. Encourager les jeunes femmes, notamment les étudiantes, à dépasser certain tabous de la société. Contribuer à l’émergence des femmes, qui assumeraient leur rôle concrètement dans la société civile, en tant que force de propositions et de mobilisation. Permettre aux femmes d’être partie prenante dans la décision, d’être actrices du changement dans la société et de l’instauration des principes de démocratie, de libertés, d’équité et d’égalité. Découvrir des talents. Créer un champ de divertissement et d’échanges entre les participants. Rapprocher les jeunes des artistes connus».
Qui est Nabila Djahnine ?
Architecte et présidente de l’association Tiɣri n Tmeṭṭut (Cri de femme), Nabila Djahnine a été assassinée, à l’âge de 30 ans, le 15 février 1995, à Tizi-Ouzou où elle a étudié, obtenu son diplôme et exercé son métier.
Militante convaincue, elle a très tôt pris part aux mobilisations contre la violence à l’égard des femmes et contre le code de la famille «qui fait des femmes algériennes des mineures à vie».
Des séances de ciné-club qu’elle a fréquentées, adolescente, dans sa ville natale de Béjaïa, au Collectif d’étudiantes qu’elle a animé en 1988 à Tizi-Ouzou, puis à l’association « Tiɣri n Tmeṭṭut », créée en 1990 et qu’elle a présidée, Nabila Djahnine n’a pas cessé de rassembler, organiser et mobiliser, en particulier pour dénoncer le sort réservé aux femmes.
Cinq ans plus tard, dans un contexte de violence poussée à son paroxysme, commença une série d’assassinats dès le début février 1995 : un attentat auquel échappera le cinéaste Djamel Fezzaz ; l’assassinat, le 11, de l’enseignante Ouraïs Menni ; le 13, l’assassinat du comédien Azzeddine Medjoubi ; le même jour, l’assassinat d’Abdelhafid Saïd, président d’un syndicat étudiant ; le 16, celui du producteur de musique Rachid Baba-Ahmed et, un jour plus tôt, l’assassinat de Nabila.
Notons que le Festival, qui prendra fin demain, a vu défiler, sur les planches des différentes résidences universitaires, pas moins de 8 pièces théâtrales de haute facture. Les troupes participantes sont venues de Batna, Khenchla, Setif, Jijel, Boumerdès et El-Oued.
T. Mustapha
