En signe de protestation contre ce qu’ils qualifient de «favoritisme» qui sévirait au niveau du département des sciences juridiques (Droit), des étudiants ont enclenché un mouvement de grève qui a paralysé totalement le département.
Ainsi, aucun étudiant n’a pu assister au cours depuis la matinée d’hier, et ce, en raison de la fermeture de toutes les classes et les amphithéâtres. « Nous avons tout fermé ! Nous avons entamé un mouvement de grève pour dénoncer les traitements de faveur qui nuisent au bon fonctionnement du département », a expliqué Sadik, un étudiant en deuxième année.
D’après des étudiants grévistes rencontrés à l’entrée principale de leur département, «ces traitements de faveur ont assez duré au sein de ce département. Des étudiants qui n’assistent ni aux cours ni aux séances de TD (Travaux dirigées), décrochent mystérieusement des années par népotisme ou clientélisme».
Ils s’inquiètent, par ailleurs, de l’entame très tardive du second semestre en cours et ce à cause du diktat des différentes organisations, lesquelles enclenchent des mouvements de grèves à répétition. De ce fait, ils paralysent le département et le condamne au retard. Pour rappel, l’Organisation nationale de solidarité estudiantine (ONSE) a paralysé, durant plus d’une semaine en avril dernier, ce même département en soumettant une plate-forme de revendications, qui n’a été malheureusement satisfaite qu’à 25% de la totalité des requêtes formulées par l’organisation.
Parmi celles qui ont été admises, mais demeurant à concrétiser, l’on citera le renforcement de l’encadrement pédagogique, celui des salles de cours, celui d’ouvrages de référence, ainsi que de l’absence de transparence dans l’attribution des bourses d’études à l’étranger pour les étudiants.
« Nous aspirons seulement à l’amélioration de nos conditions d’études et ce, en luttant contre toute injustice et partialité dont fait l’objet de nombreux étudiants de ce département», s’est plaint Fouad, étudiant en troisième année, ayant pris part à cette grève
C’est aussi la paralysie au département d’informatique
Les étudiants du département d’informatique de l’université de Bouira ont, eux aussi, observé un mouvement de grève hier, afin de protester contre le report par l’administration des examens de rattrapage à septembre prochain. Les étudiants protestataires rencontrés sur place, assurent que les examens de trappage du deuxième semestre étaient programmés, dès le début de l’année, pour ce mois de mai.
Ils affirment aussi que l’année universitaire n’a jamais été perturbée : «Nous ne comprenons rien. L’administration ne possède aucune justification pour reporter les examens à septembre, surtout qu’il n’y avait pas de grève ou de perturbation au niveau de notre département. Pire encore, cette décision a été prise d’une manière unilatérale et sans consultation des étudiants, qui refusent qu’ils soient pénalisés par cette décision», dira des étudiants grévistes.
De son côté, l’administration dudit département avance que la décision de report des examens relève des prérogatives du conseil scientifique de la faculté de technologie, dont les membres ont adopté cette décisions en raison d’un important retard dans la pédagogie, enregistré dans la majorité des départements de cette faculté.
Le problème de transport ressurgit
Une trentaine d’étudiants de l’université Akli Mohand Oulhadj de Bouira, habitant à Lakhdaria (Ex-Palestro), une commune sise à 40 km à l’Ouest du chef-lieu de la wilaya de Bouira, ont empêché, avant-hier mardi, aux environs de 16 heures, les bus universitaires de quitter le campus Akli Mohand Oulhadj. Ce blocage a duré plus d’une heure et a empêché plus d’une dizaine de bus universitaires de sortir à l’heure prévue.
À travers cette action de contestation, lesdits étudiants réclament un renforcement des moyens de transport universitaire vers leur localité. D’après eux, «cette situation perdure depuis des mois. Les bus sont toujours surchargés. De ce fait, ils dépassent largement le nombre maximum requis que devrait transporter tout bus».
«Les conditions de voyage deviennent peu accommodantes et de plus en plus insupportables», déplorent-ils. Chaque jour, ils sont plus d’une centaine à se sentir contraints, soit d’emprunter le transport suburbain ou urbain, aux tarifs onéreux, soit de subir des bousculades violentes, chaque matin, afin d’arracher une place dans les deux bus universitaires transitant par ladite commune.
Ainsi, ce n’est que vers 17 heures que les étudiants protestataires ont «libéré» les bus. Par ailleurs, ils promettent de revenir à la charge dès cette semaine, si la direction universitaire de Bouira n’intervient pas pour solutionner leur problème. Pour rappel, un étudiant s’est fracturé le bras, au mois de décembre dernier, lors d’une bousculade au niveau dudit campus.
De facto, prendre le bus universitaire revient à s’exposer aux risques et périls qui peuvent s’avérer fâcheux et irrémédiables. Toutefois, des revendications similaires formulées précédemment par d’autres étudiants, dont ceux de Bir Ghbalou ou ceux d’El-Esnam, lesquels faisaient face aux mêmes problèmes, ont été satisfaites par la DOU.
Aziz C.

