Mercredi dernier, ce fut la grande fête au Théâtre Régional de Béjaïa, à l’occasion d’un concert de Jazz animé par un groupe de jeunes musiciens venu des Pays-Bas.
La salle principale du TRB ne put contenir le nombreux public venu assister à ce concert exceptionnel, programmé dans le cadre de la dix-huitième édition du Festival Culturel Européen en Algérie. Des jeunes et moins jeunes ont investi le TRB, avides de passer une belle soirée.
Ce qui fut le cas, au vu de l’ambiance qui a régné lors de ce concert. Dès le début, les jazzmen ont donné le ton. Ce groupe de neuf musiciens se sont donnés à fond, dans une interprétation physique intense, basée sur les sons de batterie, basse, instruments de cuivre, trompette, trompette à coulisses et saxophone, percussions, guitare et synthétiseur. Le plus âgé a vingt-sept ans.
C’est la première fois qu’ils se produisent en Algérie. L’un des musiciens nous a avoué qu’il était surpris par Béjaia, ne s’attendant pas à rencontrer un public aussi motivé. En effet, ce dernier s’est donné à cœur joie, au rythme d’un jazz assez inhabituel. Il s’agit de l’Ethio-Jazz, une sorte de Jazz importé d’Ethiopie, où les musiciens ont réussi un subtil mélange de sonorités, alliant le jazz classique aux sonorités africaines.
A certains moments, on avait même cru distinguer des rythmes touaregs. Tout au long du concert, le rythme n’a pas baissé d’un cran et une certaine complicité s’est créée entre les musiciens et le public. A la sortie du concert, certains spectateurs nous ont avoué leur surprise quant à ce type de musique. Kenza, qui a l’habitude des concerts de musique, nous a déclaré que ce fut une belle découverte pour elle. Samir a avoué s’être vraiment défoulé. Par contre, Mohand, un vieux de la vieille, nous dira demeurer nostalgique des concerts de Rock de sa jeunesse.
Le Festival Culturel Européen s’est limité à deux villes cette année. Alger et Béjaïa. Les organisateurs nous ont avoué leur impuissance face à cette situation, alors que la demande est en constante évolution. D’autres villes avaient bien été programmées, mais faute de budget suffisant, l’édition a été limitée à ces deux villes. Béjaia a été choisie pour la disponibilité des espaces et des équipements.
A la fin du concert, les musiciens ont dédicacé leurs CD, puisqu’ils ont déjà produit trois albums, ainsi que des Tee-shirts à leur effigie. L’expérience fut belle, agréable, mais trop courte, de l’avis de tous. Dès le lendemain, les musiciens hollandais sont repartis très tôt vers Alger où les attendait un autre concert.
Cette semaine, une autre représentation européenne est prévue à Béjaïa, mardi prochain. Il sera question de l’histoire de la Sicile, du temps où les «Arabes» avaient une certaine influence dans la région. A découvrir.
N. Si Yani
