«Je suis tellement ému que je ne trouve pas de mots pour m’exprimer. Cet hommage me réchauffe le cœur, et je remercie tous ceux qui ont contribué à son organisation», dira d’emblée, le chanteur Slimani, devant une assistance venue nombreuse à la salle de théâtre de la maison de la culture Mouloud Mammeri, dans la matinée du samedi 20 mai.
De nombreux invités et amis du chanteur n’ont pas hésité à faire le déplacement à Tizi-Ouzou à l’image de Kamel Hammadi, Boukhalfa, Taleb Tahar, Abdelkader Bendamache et bien d’autres amis, cousins, parents, famille et fans, tant de la commune d’Ath Yanni que d’ailleurs. Un documentaire tourné dans son visage natal, Agouni Ahmed, relevant de la commune d’Ath Yanni, a été visionné, et relate les témoignages de nombreux amis et artistes qui ont connu Slimani. Pour Kaloun Djamel, «Slimani a un timbre tout particulier». Athmani témoigne : «J’ai connu Slimani à Alger, précisément au café Tontonville, square Bresson. Il s’est penché sur la chanson chaâbie». Kerroubi Mohamed, Aldjia, Saïdji Bélaïd, Mébani Djamel, Adjroud Ahcène, Nabet, Métref Ramdane&hellip,; tous s’accordent à dire autant de bien du chanteur qu’ils qualifient d’homme modeste, généreux, humble, serviable et à la voix harmonieuse. «Il a beaucoup contribué à la promotion de la chanson kabyle », diront t-il. Slimani s’est inspiré de ses aînés, tel Slimane Azem. Il a connu Henifa qu’il respecte au plus haut point, et avec laquelle il avait chanté en duo. Nourdine Méchaoued (voisin) avoue : «Slimani a bercé notre jeunesse. Sa carrière artistique ne fut toutefois pas longue, mais réussie, avec des chansons pures». A noter que durant les festivités, Slimani s’est recueilli, et a déposé des gerbes de fleurs sur cinq tombes d’artistes et hommes de lettres de sa commune à savoir Danane Mouloud (premier chanteur des Ath Yanni), Mouloud Mammeri, Nazim Métref, Brahim Izri, Guessoum Mohamed (Moumouh). Sur les lieux l’artiste aura eu ses propos : «Avant de me rendre hommage, il faut d’abord rendre hommage à ces hommes qui m’ont précédé». Pour revenir au programme des festivités retenues pour la circonstance à la maison de la culture, à retenir qu’après la diffusion du documentaire qui lui a été consacré, une table ronde a été organisée en présence de la directrice de la culture, du P/APC de Tizi-Ouzou, Kamel Hammadi, du Président de l’association Azar pour compléter les témoignages retraçant la vie de l’artiste. C’est ainsi que des souvenirs qui remontent à très loin ont été déterrés. Kamel Hammadi s’est en effet longuement attardé sur sa rencontre avec Slimani, et son entrée à la chaîne 2 : «Il était très simple. Sa touche est tout à fait particulière et a chanté tous les aspects de la vie : sentiments, misère, solidarité, jeunesse… Il a vite percé, et c’est pour cela que je ne n’avais pas hésité à l’aider en lui écrivant des chansons qu’il composait et chantait merveilleusement!» Il est à rappeler que durant l’après-midi de la même journée, un gala a été organisé dans la grande salle de spectacles (voir papier ci-contre).
M. A. T.
