L’informel sur la route au vu et au su de tous !

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Dans la commune de M’Chedallah, certaines des activités les plus florissantes, pourtant soumises (sur papier) à une réglementation vigoureuse, évoluent dans une incroyable anarchie.

Ces activités, il va sans dire, causent de multiples nuisances, notamment en matière de santé publique, sans parler des retombées négatives sur l’environnement, l’écologie et la circulation routière. À commencer par les plates-formes de fabrication et vente des agglomérés (parpaings, ourdis, poutrelles et bordures), qui forment des alignements discontinus des deux côtés des principaux axes routiers, tel que la RN5 entre Bouira et Ath Mansour, ou la RN26 entre M’chedallah et Béjaïa. Ces fabriques d’agglomérés ne respectent ni alignement par rapport à la chaussée, ni encore moins les normes de sécurité de leurs voies d’accès, tant sur le volet emplacement que celui de la signalisation. Ce qui constitue de véritables pièges pour les automobilistes, cela en plus de leurs nuisances, sachant que les produits utilisés contiennent de la matière cancérigène : l’amiante de ciment en l’occurrence. L’environnement autour de ces unités de fabrication de matériaux de construction est composé de terrains agricoles, et parfois d’habitations dans lesquelles des familles entières sont contraintes de respirer la poussière blanchâtre émanant soit des silos de stockage de ciment en vrac, soit des parraineuses… Une autre activité qui véhicule aussi son lot de nuisances, et qui a carrément explosé depuis ces dix dernières années est celle des marchands informels et ambulants de fruits et légumes. Ces marchants sont passés à la sédentarisation, et occupent aussi en permanence les bordures de ces routes dans les mêmes conditions que les unités de fabriques d’agglomérés.

Quid de la qualité et de l’hygiène !

Ils squattent également le moindre espace au niveau de tous les centres habités : villes, villages et hameaux sans se soumettre à la moindre réglementation qui régit ce secteur sensible de la commercialisation de produits alimentaires. Des denrées sensibles pour lesquelles le consommateur fait fi de la qualité ou de l’hygiène, du moment que la marmite est bien garnie et à moindre frais. En plus de la mauvaise qualité de la marchandise, ces marchands ambulants apportent leur lot de pollution soit en abandonnant les déchets composés de légumes et fruits pourris et avariés sur place, soit en les jetant en pleine nature à proximité des agglomérations. L’aviculture, de son côté, bat tous les records en matière de pollution et de nuisances. Cette filière de l’agriculture enregistre elle aussi une spectaculaire explosion dans la région avec des poulaillers qui poussent partout comme des champignons. Les commissions techniques, composées d’un représentant de l’agriculture, des représentants de l’hygiène (BHC), de la prévention (EPSP) chargée du suivi de cette activité, délivrent des certificats de conformités seulement par rapport à l’infrastructure et à sa distance réglementaire des habitations qui est de 100 mètres. Ce document permet ensuite au propriétaire d’entrer en exploitation en toute légalité, alors que la portée des retombées négatives dépasse de très loin cette distance de 100 mètres à la ronde. Il en est question notamment avec les odeurs nauséabondes et insupportables notamment durant la saison estivale qui s’étale sur une bonne moitié de l’année. Ajouté à de spectaculaires nuées de mouches, moustiques et guêpes attirés par ces odeurs qui gravitent autour du poulailler. Odeurs et insectes envahissent les habitations environnantes à plus de 500 mètres à la ronde, notamment autour des poulaillers peu entretenus à cause de la cherté des produits chimiques nécessaires. Des produits qu’il faut utiliser en grandes quantités pour éliminer ces nuisances, tels que les insecticides et les détergents de désinfection à savoir le grésille pour éliminer les parasites, et le Sanibon parfumé pour réduire les odeurs acariâtres. Les fientes des poulets qui sont également déversées en pleine nature par les exploitants polluent des terrains agricoles, des cours d’eau ou encore les bordures des routes. Quant à l’écoulement de la marchandise, rares sont les aviculteurs consciencieux qui respectent la réglementation en s’adressant aux abattoirs autorisés. Les exploitants de ces poulaillers qui forment l’écrasante majorité, cèdent leurs poulets sur pied aux nombreux intermédiaires qui se chargent de leur écoulement auprès du consommateur, ou ils les revendent eux même aux niveaux des places publiques ou sur les bordures des grands axes routiers. La mode étant que le client exige à ce que le poulet soit égorgé sur place, il est facile d’imaginer l’état des lieux avec une épaisse couche du duvet de la volaille et des rigoles de sang séché, qui attire aussi toutes sortes d’insectes après le départ des vendeurs. C’est un constat des plus négatifs qui souligne une fois de plus et une fois de trop l’absence totale des services de l’Etat directement concernés sur le terrain.

Oulaid soualah

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