Le dernier fait saillant qui a fait jaser Paris et la France toute entière, soit l’attaque au marteau contre une patrouille pédestre de la police devant la cathédrale Notre-Dame, a produit des répliques qui ont atteint la petite bourgade d’Akbou dans la wilaya de Béjaïa.
Et pour cause, l’auteur présumé de cette attaque contre un policier, perpétrée dans l’après-midi d’avant-hier devant cette cathédrale – l’un des quartiers les plus surveillés de Paris et haut lieu du tourisme – n’est autre qu’un homme de 40 ans natif d’Akbou au nom de Farid Ikken. Titulaire d’une licence en interprétariat (promotion 1996-2000), Farid part en France pour poursuivre ses études en 2001. Après moins d’une année dans ce pays, il s’envole pour la Suède où il décroche un magister en journalisme. Après son cursus universitaire, Farid Ikken, marié à une suédoise, travaillait comme journaliste dans un hebdomadaire suédois. «En tant qu’étranger, il m’était difficile de percer. Même si tu es compétent, on ne te laissera pas émerger», confiait-il précédemment à des amis. Après dix ans en Suède, Farid rentre au pays en fin 2011, pour réaliser son rêve : lancer son propre journal. Après des va-et-vient sur Alger, Farid se rend compte que cette aventure n’est pas une sinécure. Il ouvre, alors, une agence de publicité et de communication dénommée «Soummam» et lance son journal électronique «Béjaïa aujourd’hui» qui a recueilli, en seulement quelques jours, des dizaines de milliers de ‘’j’aime’’ sur Facebook. Une expérience qui a pris fin en 2014, après que son fondateur, un peu déçu par cet échec, a repris le chemin de l’exil. En France, Farid s’est inscrit à l’université de Lorraine, à Metz où il préparait depuis 2014 un doctorat en sciences de l’information. Un parcours atypique pour un jeune qui a tout tenté pour réussir dans la vie. «Farid Ikken, que j’ai connu à l’université d’Alger, ne parlait jamais de religion. Dans son bureau, pas de trace de livres religieux ou autres tracts de ce genre. Je l’ai côtoyé pendant presque deux ans et je n’ai jamais su qu’il faisait la prière. Discret, il vivait sa foi en bon musulman», témoigne l’un de ses amis, pour qui «l’éventuel basculement de Farid dans la radicalisation est inimaginable». Selon des médias français, «une vidéo où Farid I., prêtait allégeance à l’État Islamique, a été découverte dans son appartement». Au moment de l’agression, selon le ministre français de l’Intérieur, Gérard Collomb, «l’homme, muni de deux couteaux de cuisine, a crié : ‘’C’est pour la Syrie’’ au moment où il frappait le policier (…) de 22 ans, légèrement blessé au cou». Depuis l’annonce du fâcheux événement qui tourne en boucle sur les chaînes d’information françaises, dans son patelin à Akbou, c’est la grande stupeur et interrogation. «Comment a-t-il pu en arriver là ? On doute fort d’une radicalisation éventuelle. C’est l’énigme totale sur la motivation qui a précédé un tel geste».
Dalil S.
