Les habitants du village Seddouk Ouadda dans la commune de Seddouk font face à la mauvaise distribution de l’eau potable qui dure depuis des lustres.
En plein mois de ramadan et avec cette chaleur, ce précieux liquide est rationné à une demi-heure tous les quatre jours. Et pourtant ce village est le plus nanti en matière de ressources en eau potable pour ne pas dire que c’est le seul village de la commune qui a la possibilité d’avoir l’eau potable H/24 dans les foyers ; et ce n’est pas une anecdote, en voici les raisons tangibles. Primo, il a sa quote-part de la source d’El-Moumadha, qu’il partage avec deux villages du douar d’Amdoun n’Seddouk. Cette eau n’occasionne aucun frais pour la commune, comme les pompes hydrauliques ou l’énergie électrique indispensable pour leur fonctionnement, puisqu’elle arrive dans le château d’eau par aspersion gravitaire, du fait que la source est située en amont du village. Selon les agents distributeurs, le débit qui arrive au château d’eau s’est amenuisé comme une peau de chagrin. Les notables du village disent avoir pris les choses en main, en signalant à maintes reprises ce problème à l’APC, mais les mois et les années passent et se ressemblent, du fait que le problème s’éternise sans qu’il ne soit réglé, ce qui pénalise les citoyens. Secundo, le village possède une source propre à lui appelée Ighzer Netsregoua, qu’il a mise en valeur en 1981 en creusant un puits qui sert de grand réservoir. L’eau est ramenée jusqu’au château d’eau, datant de 1952 et situé au dessous de la fontaine. Comme beaucoup de foyers sont situés en amont et ne bénéficiaient pas de cette eau, un nouveau château a été réalisé en 2007, sur un terrain situé au dessus du village, conçu pour que tous les foyers soient alimentés. Comme cette source est située en aval, il lui fallait donc une pompe de reprise, que les villageois ont achetée. Le projet a été réalisé grâce aux efforts conjugués des membres vivants à l’étranger et ceux vivants au village, qui ont pu réunir plus de 2 millions de dinars. Un projet réalisé intégralement avec les propres fonds des villageois. 15 ans plus tard, la pompe est usée au même titre que la conduite qui présentait des fuites partout, ce qui a poussé les notables à saisir l’APC, lui faisant part de ces problèmes. Cette dernière a répondu favorablement à leur demande en exauçant leur vœu, c’est-à-dire en accordant pour leur village un projet de 2. 000. 000,00 de dinars destinés pour le changement de la conduite et de la pompe hydraulique. Un projet qui a été récemment réalisé par une entreprise. Le hic, c’est que la nouvelle pompe qui a été installée tombe souvent en panne, et c’est elle la source de tous les problèmes d’ailleurs, du fait que quand elle marche, l’eau est rationnée à seulement une demi-heure tous les deux jours. Tertio, le village Seddouk Ouadda possède une troisième opportunité, qui est l’eau du barrage de Tichy haft. Dans ce cadre, le douar d’Amdoun n’Seddouk reçoit régulièrement sa quote-part, que partagent trois villages, Seddouk Ouadda, Tibouamouchine et Ighil n’Djiber. Cette eau est servie une fois tous les deux jours. Seulement au village Seddouk Ouadda elle est répartie entre le quartier H’mama et l’ancien village, soit une fois tous les quatre jours pour chacun. Concernant l’opinion publique, tout le monde s’accorde à dire que lorsque l’APC décidera de s’armer de bonne volonté pour solutionner ce problème d’alimentation en eau potable qui se pose avec acuité, en gérant ce secteur comme il se doit, le village Seddouk ouadda aura sans aucun doute cette denrée précieuse dans les foyers H/24. L’APC, pour sa part, indique que les consommateurs ne s’acquittent pas de leurs redevances en eau potable durant des années, et les créances qui s’accumulent aujourd’hui avoisinent les 100. 000. 000,00 de dinars. Autre motif que l’APC ne cesse de mettre en avant, c’est l’urgence de se voir décharger de la gestion de l’eau, pour la confier à tout prix à l’Algérienne des eaux. D’ailleurs, le P/APC ne rate jamais une occasion pour rappeler que la solution ne peut provenir que du transfert de la gestion à l’ADE, sous entendant que l’APC gère aussi d’autres secteurs donc elle ne pouvait mobiliser toutes ses énergies pour le seul secteur de l’hydraulique. En attendant l’arrivée de l’ADE, les citoyens de la commune souffrent en silence, et ne savent plus à quel saint se vouer pour les aider à avoir régulièrement de l’eau potable dans leurs foyers. Il appartient donc à la wilaya de Béjaïa de s’y impliquer pour instaurer l’ordre dans le secteur de l’hydraulique, jugé le plus névralgique, et même la bête noire des communes comme Seddouk. Ce qui est aberrant, c’est que l’eau existe en quantités suffisantes, beaucoup d’argent est injecté annuellement dans ce secteur et les citoyens font toujours face à des pénuries récurrentes éprouvantes. L’été approche, la demande va crescendo et l’on craint le pire !
L Beddar.
