Une localité négligée

Elle compte parmi les agglomérations les plus peuplées de la commune de M’chedallah. La localité d’Ath Yakhlef, implantée à trois kilomètres environ à l’est du chef-lieu de cette commune (qui fait aussi office du chef-lieu de la daïra), est laissée pour compte depuis très longtemps. En effet, cette partie importante de la municipalité de M’chedallah est toujours dépourvue des commodités fondamentales, à l’image du réseau d’assainissement qui est presque inexistant, car une petite partie du village seulement en est dotée ; le reste est renvoyé aux calendes grecques, si on sait que le projet en question qui est inscrit parmi les priorités de l’exécutif en place n’est pas retenu pour l’exercice en cours. L’éclairage public reste un luxe pour ce village, malgré l’existence des lampadaires suspendus sur les poteaux électriques ; leur mise en marche n’a duré qu’un laps de temps faute de suivi et d’entretiens par les services concernés. Idem pour l’AEP, même si le village est doté d’une conduite principale à débit important provenant de la Source noire d’Imazdhourar, les riverains ne sont alimentés qu’un jour sur deux et cela est dû principalement, selon quelques habitants de la localité que nous avons rencontrés sur place lors de notre passage à l’anarchie caractérisant la répartition de cette eau. Pour sortir ou rentrer chez eux, les habitants d’Ath Yakhlef font un parcours de combattant, en particulier en période hivernale, car l’état de toutes les allées est déplorable ici, de même qu’aucun projet n’a été retenu par l’Etat. Les infrastructures pour jeunes sont quasiment absentes, les cafés maures sont les seuls endroits où les jeunes et moins jeunes de la localité passent leur temps libre, sinon ils sont livrés à la rue et à tous les vices qu’elle véhicule, on ne trouve même pas une aire de jeux. En matière d’infrastructures de l’éducation, on trouve une seule école primaire. Pour le cycle moyen et le secondaire, les élèves d’Ath Yakhlef sont scolarisés dans les différents établissements scolaires du chef-lieu de la commune. Ici également, le casse-tête est ardu devant l’absence du ramassage scolaire. Les collégiens issus des familles démunies sont contraints de parcourir plus de dix kilomètres en aller-retour, pour regagner leurs bancs de classes. En attendant que les pouvoirs publics se penchent sur cette localité négligée, les Ath Yakhlef sont livrés à leur destin et espèrent voir un jour la fin du tunnel.

Omar Soualah