Les habitants de Taourirt Menguellet, une agglomération située à trois kilomètres du chef-lieu communal d’Aïn El Hammam, préparent Timechret.
«La plupart des villages de la région ont abandonné ce rituel qui éloigne les mauvais démons», disent les plus vieux du village. Après une période de disette qui avait duré plusieurs années, Taourirt est revenue aux us et coutumes légués par les ancêtres. Depuis une décennie, les habitants ne ratent plus ce rendez-vous immuable qui bat le rappel des enfants du village qui viennent de tous les coins du pays, pour se retrouver et se ressourcer. Ils se rassemblent à Tajmaath, à l’occasion du 27ème jour du Ramadhan pour procéder à l’abattage de plusieurs bœufs dont la viande sera répartie équitablement entre les familles. Concernant cette année, les nouveaux responsables du village ont commencé à collecter les dons des villageois depuis plus d’une semaine. Chaque soir, après le ftour, ils se rendent à Tajmaâth où les habitants viennent déposer anonymement leur contribution. Aucune limite n’est imposée quant aux sommes données par les participants à ce rite ancestral. Chacun offre selon ses moyens. C’est une façon de montrer son adhésion à la communauté dont on doit respecter les règles. Riches ou pauvres auront la même part de viande le jour J. Taourirt Menguellet est l’un des plus grands villages de Kabylie. Beaucoup de ses enfants l’ont quitté pour s’installer dans les grandes villes ou à l’étranger. Les émigrés n’oublient leurs origines. Ils y reviennent chaque fois que l’occasion le leur permet et contribuent chacun à sa manière au développement du village. Ainsi, pour montrer leur attachement aux valeurs ancestrales, l’association des enfants de Taourirt, établis en France, vient d’annoncer sa participation à Thimechret de cette année en apportant leur contribution financière pour l’achat des bœufs qui seront sacrifiés.
A. O. T.
