À l’occasion de la commémoration du 55e anniversaire de la journée de l’indépendance du pays et de la jeunesse, le président de la République s’est adressé, avant-hier, à la nation.
Il a prononcé un discours où il a évoqué le passé colonial et le présent : «À travers l’évocation de notre passé dramatique à la suite de l’invasion française, nous exerçons notre devoir de mémoire envers nos ancêtres dont des millions sont tombés en résistants, des centaines de milliers d’autres ont été emprisonnés ou déportés, alors que des millions d’Algériens ont été dépossédés de leurs terres et de leurs biens. Nous exerçons aussi notre devoir de mémoire envers notre peuple qui a sacrifié un million et demi de ses enfants pour le recouvrement de son indépendance et de sa souveraineté nationale». M. Bouteflika a mis l’accent sur le fait que l’Algérie n’entretient pas de haine, ni de rancune envers la France : «De tels rappels ne sont porteurs d’aucune haine, même si notre peuple exige toujours une reconnaissance de ses souffrances de la part du colonisateur d’hier, la France, avec laquelle l’Algérie a engagé la construction d’un partenariat d’exception qui se doit d’être mutuellement bénéfique, un partenariat qui gagnera en sérénité et en élan dans une reconnaissance des vérités de l’Histoire. La préservation de la mémoire nationale est aussi destinée à nos générations montantes, car elle constituera toujours, pour elles, un ressourcement précieux de leur patriotisme face aux défis et aux épreuves, ainsi qu’un motif de fierté nationale pérenne». Aussi, le président de la République a insisté, vu la conjoncture présente, sur le fait que la vigilance demeure toujours nécessaire : «Dans le même temps, une conjoncture lourde de tensions persiste dans notre sous-région, avec une présence préoccupante de foyers de terrorisme et de réseaux de narcotrafiquants, interpellant notre vigilance permanente pour la préservation de l’intégrité de notre territoire et pour la sécurité de notre peuple. Ce sont là autant de défis que relève notre pays et qui méritent d’être évoqués en cette journée commémorative». Revenant au présent immédiat, il a salué les efforts de l’armée et des services de sécurité dans la préservation de la paix et leur lutte contre le terrorisme et le banditisme : «Concernant la préservation de l’intégrité de notre territoire et de la sécurité de nos citoyens et de leurs biens, je voudrais, en votre nom à tous, rendre un vibrant hommage mérité à l’Armée Nationale Populaire, digne héritière de l’Armée de Libération Nationale, pour le courage, le professionnalisme et le sens du sacrifice par lesquels elle a réussi à prendre largement le dessus sur les derniers groupuscules terroristes qui sévissent à travers notre vaste pays, avec le concours des différents services de sécurité. (…) Nous saluons aussi les efforts et l’efficacité de nos Forces armées et de nos services de sécurité largement déployés le long de nos frontières, pour préserver l’intégrité du territoire de toute tentative d’infiltration criminelle, de quelque nature qu’elle soit, une vigilance qui accompagne les efforts de notre diplomatie pour hâter la restauration de la paix, de l’unité et de la réconciliation, au Mali et en Libye, frères et voisins». Sur le plan économique, M. Bouteflika a réitéré la nécessité de l’austérité et d’une gestion rationnelle des ressources du pays : «Notre pays est confronté à un sévère recul de ses revenus extérieurs et à une dégradation de sa balance des paiements extérieurs, même s’il garde encore intacte sa souveraineté de décision économique et sociale, grâce aux réserves de change qu’il a accumulées mais qui s’érodent déjà. Devant cette situation qui interpelle chacun de nous, et en cette occasion commémorative de nos lourds sacrifices pour le recouvrement de notre indépendance, je renouvelle mon appel à notre vaillant peuple à s’atteler davantage à l’effort, et à mettre en œuvre souverainement, les réformes économiques nécessaires. L’Algérie ne manque ni de ressources ni d’atouts, loin s’en faut, qu’il s’agisse de l’agriculture, du tourisme, du potentiel industriel ou des ressources énergétiques fossiles et renouvelables. L’Algérie dispose aussi d’une jeunesse instruite et d’un marché national important. Toutes ces ressources et ces atouts doivent être valorisés davantage grâce à une réhabilitation de la valeur du travail, à l’amélioration de l’environnement de l’activité économique et à la concrétisation diligente de l’ensemble des réformes nécessaires. Le Gouvernement est mobilisé autour de ces différentes tâches requises pour accélérer le développement économique national ainsi que la diversification de nos exportations. Il reste que cet engagement doit être partagé par chacun, dès lors que l’enjeu en est notre avenir national ainsi que le devenir de nos générations montantes».
Synthèse de S. A. H

