MADJID GUENDOUL, maire de Melbou – «Notre commune est côtière, mais pas encore touristique»

Les plages de Melbou, ville côtière de l’Est de Béjaïa, sont belles à couper le souffle. Néanmoins, malgré la générosité de Dame nature, Melbou ne dispose pas d’infrastructures hôtelières pouvant faire d’elle une destination touristique. Dans cet entretien, son maire plaide pour l’accélération des travaux de réalisation des huit projets accordés dans le cadre de la zone d’activités touristiques.

La Dépêche de Kabylie : C’est la période des vacances. La commune est-elle prête pour accueillir les vacanciers ?

Madjid Guendoul : Tout d’abord, je dois préciser une chose : Melbou est une commune côtière, mais pas encore touristique. Elle ne dispose actuellement d’aucune structure hôtelière, comment voulez-vous donc qu’elle soit classée touristique ? C’est vrai qu’il y a huit projets dans le cadre de la zone d’activités touristiques, dont cinq ont eu leurs permis de construire. Deux ont même vu leurs travaux entamés. D’ici cinq ans, ces projets seront tous réalisés et à ce moment-là on pourra qualifier Melbou de ville touristique. Pour ce qui est de la présente saison estivale, nous sommes prêts selon le peu de moyens dont nous disposons.

Il semblerait qu’il est question de projets de grand standing… En effet. Le parc aquatique qui est en cours de réalisation est unique en son genre dans toute la région. La population doit patienter encore un peu, mais elle ne pourra qu’apprécier. Ce sont des projets d’avenir créateurs d’emplois et de richesses pour la collectivité.

L’hébergement fait donc défaut présentement à Melbou ? Heureusement, des particuliers mettent en location leurs logements. Cela leur permet de se faire de l’argent en été, et cela arrange les vacanciers, notamment les familles. Il y a aussi deux promoteurs qui ont construit deux immeubles dont les appartements sont mis en location.

La fermeture du complexe Djorf Edhahabi a sans doute accentué les manques…

Cet hôtel a été implanté sur une superficie de 7 hectares, mais sans aucun rendement pour la commune. Bien au contraire, il a bloqué les projets de développement de la commune. Ce n’est pas facile de trouver une assiette de terrain pour le moindre projet, alors que cet hôtel occupe la moitié de Melbou. Lors de la visite de l’ancien ministre du Tourisme, je lui avais proposé d’en faire un centre de thalassothérapie afin qu’il participe à l’activité dans la région. J’ai renouvelé ma demande à l’ancien wali, Zitouni, mais en vain. Il est utilisé comme simple centre de formation du personnel de la CNAS et comme structure de ses œuvres sociales durant l’été. La caisse veut juste le garder comme propriété, alors qu’il pourrait être d’un grand apport pour la commune pour peu que la structure soit versée au secteur du tourisme.

Tout le monde s’accorde à dire que les plages de Melbou sont propres. Quelle est votre recette ?

À Melbou, comme la plage est toute proche du centre-ville, nous n’arrêtons pas de la nettoyer, hiver comme été. Nous n’attendons pas la veille de la saison estivale, c’est presque du quotidien. Nous avons les artisans de Blanche Algérie auxquels nous joignons nos ouvriers avec les engins pour faire le travail le plus régulièrement du monde. La plage à Melbou fait partie du territoire urbain en quelque sorte. Donc, il faut la nettoyer au même titre que les artères de la ville.

Donc malgré le manque d’hébergement, la propreté des plages attire les touristes ?

Nous avons une belle région que nous devons préserver. D’ailleurs, je profite de l’occasion pour lancer un appel à mes concitoyens pour que nous soyons tous vigilants, les touristes seront nos hôtes. Chacun doit participer au maintien de la propreté, en sortant par exemple ses poubelles aux horaires indiqués et en les déposants aux bons endroits.

Et concernant l’eau, n’y a-t-il pas de pénurie en été ?

Pour l’eau, ça va dans l’ensemble. Nous sommes en train de réaliser un deuxième forage qui sera mis en service d’ici une quinzaine de jours. Pour le chef-lieu notamment, il n’y aura aucun problème d’eau. Déjà qu’avec un seul forage, les pénuries sont très rares. Donc avec deux forages, il n’y aura aucun problème. Par contre, dans la localité de Tizi El Oued, le manque d’eau persiste. Le problème sera solutionné par la mise en service d’un deuxième forage au niveau de cette localité. Celui-ci est déjà prêt, il a juste besoin d’équipements pour être opérationnel pour cette saison estivale.

En parlant de Tizi El Oued, ses commerçants se plaignent du manque d’activités suite à la fermeture de l’ancien pont…

En effet, dans le but de réaliser un nouveau pont, l’ancien a été fermé. Mais un problème interne à l’entreprise réalisatrice a fait que le projet du nouveau pont s’éternise, ce qui se répercute sur notre commune et nos concitoyens. Ils doivent rouvrir l’ancien pont du moment que le chantier du nouveau est à l’arrêt. Je saisis cette occasion pour demander au wali d’user de ses prérogatives pour faire redémarrer le chantier et en faire de même pour le chantier de la nouvelle poste qui n’a que trop tardé. Sinon pour tous les autres projets, il n’y a aucun problème.

Votre mot de la fin ?

J’invite les touristes à venir visiter notre belle station balnéaire pour constater de visu sa beauté. Un accueil chaleureux leur sera réservé.

Entretien réalisé par A Gana.