Au moment où l’on s’attendait à un dénouement heureux de l’affaire de la décharge publique de la commune d’Amizour, après qu’une commission de wilaya a retenu un nouveau site devant servir d’un site d’entreposage de déchets, voilà que celle-ci est revenue sur sa décision.
En effet, lundi dernier, cette commission a annulé carrément cette décision, prise le 3 du mois en cours, et a repris, de plus belle, une autre mission de prospection d’un autre terrain. A rappeler que cette commission ad-hoc, dépêchée par le wali, a pour mission de mettre fin à cette situation de blocage dans la commune, en dégageant une solution à même d’assurer la collecte des ordures entassées un peu partout à travers les quartiers et villages de la localité, suite à la décision de fermeture définitive de l’ancienne décharge polluante. À rappeler, par ailleurs, que le site retenu par cette commission, sis au lieu-dit Tala Lfayta, a connu un blocage par un exploitant d’une sablière, située dans les environs, qui a empêché les camions de la municipalité d’y accéder. Le wali, selon le P/APC d’Amizour, a été saisi, de facto, pour trancher sur cette affaire, et, au moment où l’on s’attendait à des mesures par rapport ce qui a été qualifié de «obstruction abusive», l’on a rapporté que le site en question vient d’être remis en cause par la commission de wilaya en question qui l’avait elle-même choisie. À en croire une source fiable, l’argument de ce dernier rebondissement est celui de l’éventuelle pollution de l’Oued Soummam, des nappes phréatiques et des terrains agricoles limitrophes de ce site, sachant qu’une étude de prospection a eu lieu avant le choix de celui-ci. A souligner qu’après la décision de reprendre de nouveau une autre prospection, qui a concerné 4 sites, aucun d’eux n’a été retenu, à en croire notre source. Cette situation commence à exacerber la peur des citoyens qui ne comprennent plus ce qui arrive à leur commune, transformée en une décharge à ciel ouvert par des ordures non collectées depuis le 27 juin dernier. Le mouvement associatif local, pour sa part, a lancé un SOS quant à l’effet de trouver une solution urgente et définitive, «à une situation devenue intenable, car s’agissant d’un problème de santé publique intervenant en plein été de surcroît», plaide-t-on. Ainsi, pas moins de 16 associations se sont réunies, hier, pour exprimer leurs ras-le-bol et interpeller, par là les pouvoirs publics à mettre fin à cette situation de blocage. Les associations exhortent les autorités de wilaya, à leur tête le wali de Béjaïa, de mettre un terme au «calvaire» vécu par la population de la commune, lit-on dans une déclaration rendue publique par le collectif associatif samedi dernier. Ce dernier demande l’ouverture, sans délai, de la nouvelle décharge, choisie par la commission de wilaya et affiche son soutien à toute initiative «qui va dans le sens d’une solution à cette crise». Une crise qui ne cesse de prendre de l’ampleur, soit tout comme ces tas d’ordures qui deviennent un véritable casse-tête et un réel problème de santé publique. Une situation qui ouvre aussi des brèches à des spéculations de tous genres.
Nadir Touati

