Abords de la RN15 – Les enfants investissent le marché informel !

La route nationale N°15 (RN15), qui permet de rallier plusieurs localités en sus des wilayas de Bouira et Béjaïa, passe par la daïra de M’Chedallah en faisant la jonction entre les RN 26 et 5. Elle se trouve sujette à des convoitises, car elle connaît un trafic routier incessant et dense. Et c’est l’endroit « idéal » et « propice » pour l' »exercice » du commerce informel, où les marchands ambulants installent leurs baraques et autres points de vente pour s’y adonner à cette activité sous l’ombre d’imposants oliviers. Ainsi donc, des étals, des fourgonnettes, des camions… sont visibles sur les bas-côtés de cette route, où les vendeurs proposent une multitude de produits, en majorités de nature agricole. Ce genre de commerce, qui échappe au fisc et à tout contrôle, s’étend de façon inquiétante sur cet axe routier. De nouveaux points de vente voient y le jour et les « adeptes » de ce genre d’activités s’y multiplient de plus en plus. Et comme c’est les vacances d’été, des enfants et des jeunes scolarisés se « mettent », eux aussi, de la partie pour « échafauder » des étals de fortune, afin de vendre des produits agricoles du terroir, cueillis généralement des vergers avoisinants. On les voit sur les accotements de la RN15, entre autres, proposer des légumes et des fruits aux automobilistes qui passent par là par centaines quotidiennement. Les produits proposés par ces jeunots vont du poivron local (ifelfel n t’murt, ndlr) aux pruneaux, en passant par les poires, les tomates, les courgettes, les concombres… Nazim, un adolescent âgé d’à peine 15 ans, s’est « reconverti » en marchand ambulant pour gagner de quoi couvrir des dépenses familiales et individuelles, dit-il. « Chaque été, j’installe mon étal sur la RN15 près de mon village Toghza, pour y vendre des légumes de notre jardin. Nous plantons chez nous beaucoup de poivrons, de piments, de tomates, de courgettes, et le surplus je le vends pour aider ma famille et acheter des affaires scolaires et des habits », répond fièrement notre interlocuteur. Comme lui, ils sont des dizaines à se poster le long de cette route, pour y écouler des légumes et fruits frais cueillis des jardins verdoyants de Toghza, Togi, Arafou et autres fermes familiales. Les temps durs et le pouvoir d’achat qui ne cesse de dégringoler obligent ces bambins à aider leurs familles et à subvenir à leurs besoins. A l’arrivée des vacances scolaires, beaucoup d’élèves se démènent pour trouver des métiers saisonniers pour gagner de l’argent. Pour ceux qui travaillent à leur compte, comme ces marchands occasionnels, les choses semblent « aller pour le mieux ». Par contre ceux qui « bossent » pour le compte des autres (fast-food, restaurant, cafés, fourgons… ), ils sont exploités de manière éhontée par les propriétaires. Et là c’est autre paire de manche.

Y. S.