Saleté, pénurie d’eau, cherté de la location… – Ces inconvénients dissuasifs

Sur la côte-Est et plus particulièrement à Aokas, les estivants ne se sentent pas trop choyés. Pour cette commune, l’éternelle décharge balnéaire et les pénuries fréquentes d’eau sont les causes d’un manque d’engouement pour cette destination. «Beaucoup de nos anciens clients ont changé de destination car le problème d’eau n’est toujours pas réglé à Aokas», soulignera un gérant d’une agence immobilière de la localité. En prenant en considération les réservations enregistrées au niveau de son agence, notre interlocuteur table sur la dernière semaine du mois de juillet pour voir, enfin, les estivants arriver en masse. Sinon, pour cette première quinzaine du mois de juillet, il n’y a que quelques familles qui se sont inscrites dans le cadre des campings familiaux des œuvres sociales qui sont là. Ainsi donc, le flux n’aura lieu qu’au mois d’août, malgré la grande canicule qui sévit. Il est vrai que la saleté et les pénuries d’eau constituent des éléments qui n’attirent pas trop les foules de ce côté de la wilaya. Et puis il y a cette cherté un peu excessive. Tout se vend à des prix exorbitants. Malgré les instructions du wali, les plages sont, presque, toutes squattées par les loueurs de parasols, de chaises et des tables en plastique alors que les aires se trouvant à l’entrée de celles-ci, elles sont squattées par les «parkingueurs» et des boutiques de fortune où on propose toute sorte de produits, y compris la bouffe, sans aucun respect de l’hygiène. Même durant la nuit, il y a des «parkingueurs-loueurs de tentes». En effet, ces derniers s’approchent de toute voiture qui gare à proximité de la plage pour proposer des tentes en location pour y passer la nuit ou une place de parking pour dormir dans la voiture. Il y a beaucoup de clients pour passer la nuit à la belle étoile. Ceux qui sont en famille préfèrent la sécurité des parkings gardés, alors que les célibataires stationnent leurs véhicules n’importe où et y passent la nuit sans aucune inquiétude. Mais qu’est-ce qui a poussé les vacanciers à opter pour ce type d’hébergement ? Tout simplement la cherté de la location, diront les commerçants de la région. Un F3, transformé en F2 avec la condamnation d’une chambre (ou le propriétaire-loueur garde ses effets), est proposé entre 5 000 et 6 000 dinars la nuitée. Les locations se font désormais par nuitée non pas au mois ou à la quinzaine. Une nouvelle technique qui a fait son apparition depuis l’incrustation du mois de Ramadhan dans la saison estivale. La diminution du nombre de journées de vacances a poussé les propriétaires d’appartements à louer à la nuitée pour gagner plus d’argent. Ces appartements sont généralement proposés avec un réchaud lessiveuse en guise de cuisinière et une table et quatre chaises en plastique en guise de salle à manger et salon et quelques matelas pour servir de chambre à coucher. Donc, louer un petit F2 sans aucune commodité pour une quinzaine de millions par mois et dans un environnement submergé par les ordures avec un manque d’eau fréquent, cela ne vaut pas la chandelle. Aux pénuries d’eau s’ajoute la prolifération des décharges sauvages, c’est dire qu’en dehors des potentialités naturelles de la région, quasiment rien n’a été fait pour au moins entretenir un cadre propre. Les autres luxes sont vraiment loin.

A Gana.