Les médecins de l’EPSP montent au créneau

Partager

Les médecins généralistes et spécialistes, exerçants au niveau de EPSP de la commune d’Aïn-Bessem, ont observé, hier, un arrêt de travail de deux heures (de 8h à 10h), suivi d’un sit-in de protestation au niveau de la polyclinique centrale d’Aïn-Bessem. Ils ont initié cette action de protestation pour réclamer l’amélioration de leurs conditions de travail au sein des 51 établissements de santé de proximité qui relèvent de l’EPSP d’Aïn-Bessem. Selon-eux, le manque des effectifs des médecins et paramédicaux, l’absence des moyens ainsi que le manque de sécurité au sein de certains établissements, les empêchent d’accomplir convenablement leur mission. Ils ajoutent aussi que l’EPSP d’Aïn-Bessem qui disposait auparavant de 38 médecins, ne dispose actuellement que de sept médecins, qui continuent à exercer avec des plannings et des tableaux de garde surchargés : «Nous sommes sept médecins à remplir la tâche de 38 ! Nous faisons, chaque semaine, des navettes entre les structures de santé de plusieurs communes éloignées avec une moyenne de 10 gardes par semaine, alors que le nombre de garde ne devrait pas dépasser les 4 par semaine», dira l’un des médecins protestataires. Notre interlocuteur précise que cette situation a poussé bon nombre de médecins à démissionner de leurs postes ou à déposer des congés sans-solde : «Depuis le début de 2016, pas moins de cinq médecins ont démissionné de leurs postes et dix autres sont en congé sans solde, en raison de cette surcharge et la dégradation de nos conditions de travail. Aujourd’hui, nous réclamons auprès de l’administration de veiller sur l’amélioration de nos conditions de travail et surtout d’augmenter le nombre de médecins à recruter. Nous réclamons aussi l’acquisition du matériel médical adéquat, car beaucoup de salles de soins ne disposent même pas de lits de consultation !». Les médecins ont, aussi, soulevé le problème d’insécurité au sein des établissements de santé d’Aïn-Bessem, Bir-Ghbalou et El-Hachimia. Selon-eux, le manque des agents d’accueil et de sécurité au sein de ces établissements favorise ce phénomène de plus en plus menaçant : «Durant les soirées de garde, nous sommes obligés de faire appel à un agent de sécurité qui doit rester à l’intérieur du bureau de consultations, surtout après la multiplication des actes d’agression perpétrée à notre encontre», précise notre interlocuteur. À noter, enfin, que le directeur de l’EPSP s’est déplacé vers les lieux de la protestation et a improvisé une réunion avec ces médecins. Le même responsable qui a pris connaissance des revendications, a assuré qu’un concours pour le recrutement de dix nouveaux médecins sera tenu dès le mois de septembre prochain. Aussi, il affirmera qu’une demande a été adressée à la DSP de Bouira, pour l’affectation à titre provisoire de certains médecins de l’hôpital d’Aïn-Bessem vers l’EPSP : «Le directeur s’est engagé à trouver des solutions pour réduire cette surcharge. Il nous a aussi confirmé que des médecins de l’hôpital seront affectés à l’EPSP provisoirement, en attendant le concours de recrutement du mois de septembre. Nous nous sommes, donc, mis d’accords à reprendre notre travail en attendant la concrétisation de ces promesses», ajoute encore notre interlocuteur.

Oussama Khitouche

Partager