Le procès qui ne débutera que dans l’après-midi, a été l’occasion pour les avocats du collectif de défense des quatre accusés de battre en brèche les chefs d’inculpation retenus.
Une année de prison ferme et vingt mille dinars d’amende, c’est la peine requise par le procureur de la République auprès du tribunal correctionnel de Larbaâ Nath Irathen à l’encontre des quatre jeunes chrétiens accusés de pratique et création d’un lieu de culte illicitement. L’un des prévenus n’est autre que le propriétaire de l’habitation transformée en église au village Ath Atteli, de Larbaâ Nath Irathen. Hier, le froid et la pluie n’ont guère empêché des militants des droits de l’Homme structurés ou non, dans des organisations de la société civile, de faire le déplacement à Larbaâ Nath Irathen, pour tenir un sit-in devant le tribunal correctionnel, par solidarité aux quatre prévenus.
Le procès qui ne débutera que dans l’après-midi, a été l’occasion pour les avocats du collectif de défense des quatre accusés de battre en brèche les chefs d’inculpation retenus.
L’affaire remonte en effet, à une plainte déposée par les citoyens du village Ath Atteli, qui se plaignaient d’atteinte à leur quiétude. “Nous avons dénoncé l’implantation d’une église au sein de notre quartier, pour les nuisances que cela induit. Nous ne contestons pas la qualité de ces jeunes, qui sont libres d’adopter la religion qu’ils veulent mais au point de déranger et perturber notre quotidien, nous ne pouvons que nous opposer à ce projet», nous dira l’un des plaignants. Faux ! Répond le propriétaire de l’habitation transformée en église. il s’agit, pour lui, d’un groupe réduit et non pas toute la population d’Ath Atteli, connue pour son appartenance à la mouvance islamiste. “J’avais loué ma maison pour la communauté chrétienne de la région, dont je fais partie, pour en faire une église. Dès lors, un groupe a lancé une pétition contre nous. Fort heureusement leur démarche n’a récolté que 25 signatures, issues toutes d’une même famille. Pour bien expliquer cela, je dois dire que notre village compte pas moins de 6 000 âmes», a-t-il déclaré. Le procureur de la République auprès du tribunal correctionnel de Larbaâ Nath Irathen requière à la fin du procès la peine de deux ans de prison ferme et vingt mille dinars d’amende.
Le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie a dénoncé dans un communiqué transmis à notre rédaction une “mascarade judiciaire qui vise nos concitoyens chrétiens», qui est, ajoute le communiqué “est la conséquence directe de la politique du pouvoir, qui incarne une République arabo-islamique”. Le même communiqué rappelle que la présence de ses militants dans le rassemblement devant le tribunal n’est autre que “notre présence à Larbaâ Nath Irathen est l’expression de notre attachement à la laïcité et notre détermination à défendre la dignité du citoyen kabyle”.
Par ailleurs, le document des autonomistes souligne que “le GPK et le MAK saluent le peuple kabyle qui démontre, encore une fois, à quel point il est intraitable sur son honneur et sa liberté”.
En fin, le MAK appelle tous ses militants et sympathisants à venir nombreux le 12 décembre au rassemblement devant le tribunal en guise de soutien “aux chrétiens harcelés par la justice”.
De son côté le vice- président du Congrès mondial amazigh, M. Hocine Azem, qui a pris part à la manifestation de solidarité avec les quatre accusés nous déclarera que le CMA rappelle au gouvernement algérien que toute personne à le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Tout droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que de manifester sa religion ou sa conviction seul ou en commun, public ou privé par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. Toutes les libertés doivent être protégées par un régime de droit. “Le procès est mis en délibéré pour le 12 décembre prochain. Après le réquisitoire du procureur, les citoyens présents hier sur les lieux ont exprimé leurs souhaits d’en finir avec ces affaires de justice qui ciblent les citoyens pour ce qui devait rentrer dans le chapitre des libertés individuelles. Ce chapitre, la Kabylie veut le fermer définitivement, nous n’avons pas que ça à faire !», une déclaration d’un militant associatif très pesante et lourde de sens !
A. Z.
