Chanson kabyle – Nouvel album de Lyes

Le répertoire de la chanson kabyle rythmée vient de s’enrichir avec l’arrivée sur le marché du nouvel album du jeune chanteur Lyes. L’auteur de la célèbre chanson «Ya partout» qui a fait un tabac l’année passée dans les fêtes revient cette fois-ci, avec un opus de 14 autres chansons aussi rythmées et variées les unes que les autres. Entrecoupées par de petites dédicaces en prose destinées à enjoliver l’ambiance festive, l’objectif souhaité par ce genre de style, ces nouveaux titres invitent tout de même à une rêverie et au romantisme. À savourer sans modération, le chanteur raconte à cœur ouvert et à sa manière la séduction, la déception et l’amour d’une femme. Mais pas seulement. Même s’il excelle dans la description des fêtes en général, et des nuits de noces en particulier, Lyes enfreint quand même les frontières, et raconte les déboires auxquels font face des sans papiers en France. Sa belle voix aidant, il se confesse sur la déception de son premier amour dans la chanson «Afertettu». Le témoignage de cet amour sincère et ses raisons sont relatés également dans les titres respectivement, «Ketbegh isem-im» et «Acu i yi-yedjan hemmlegh-kem». L’hymne à l’amour était aussi un thème de prédication de cette nouvelle star de la chanson kabyle avec le titre phare «Lqâa d yigenwan». Plusieurs tubes, qui ont fait un véritable carton par le passé ont été repris par l’artiste, à l’instar de «Sut-d ay adu», «A Taleb» et «Tin Aâzizen» entre autres. À signaler tout de même qu’une fausse note, qu’on pouvait facilement éviter, a été glissée dans la transcription en tamazight des titres de cet album. Faire appel aux étudiants et aux enseignants de langue amazighe pour une transcription correcte aurait été souhaitable pour palier à ce genre d’erreur. La manière d’introduire des empreints par ces jeunes chanteurs dans leurs poèmes nuit également à la structure et à la syntaxe de la langue, et diffère largement de celle des anciens chanteurs qui prennent en considération les normes grammaticales de la langue amazighe.

Farida Elharani.