La mercuriale du poisson bleu, notamment la sardine, a dévissé sensiblement au cours de ces dernières semaines. En effet, alors qu’il y a à peine un mois, le kilo de ce poisson pélagique flirtait avec la barre des 700 da, voire plus, il a progressivement regagné ses «pénates», pour s’afficher ces derniers jours autour de 250 da. Soit une chute vertigineuse de près de 150% ! A l’exact opposé du mercure, qui taquine les 40° à l’ombre. Ce parallèle n’est pas fortuit, dès lors qu’il y a une relation de causalité entre ces deux paramètres. Etant une denrée rapidement périssable et très vulnérable à la chaleur, la sardine doit être conservée au froid, et consommée sous 48 heures. Sauf qu’à Sidi-Aïch, et dans bien d’autres marchés de la vallée de la Soummam, cette chaîne de froid, pourtant si indispensable et vitale, n’est jamais respectée. Loin s’en faut. La marchandise est vendue sous un soleil de plomb et exposée à toutes les formes d’impuretés et aux insectes vecteurs de maladies potentielles. Les prix abordables, semblent avoir eu raison de la frilosité du consommateur et réveillé son instinct carnassier. «La canicule a réussi à casser les prix. Le thermomètre a triomphé, là où les pouvoirs publics ont lamentablement échoué», ironise un père de famille, un couffin à la main. Pour donner une fallacieuse impression de fraîcheur à un produit pourtant au bord de la putréfaction, les marchands l’aspergent sans cesse d’eau. Si des chalands sont appâtés, d’autres consommateurs plus avertis, refusent de se faire gruger par ces aigrefins. «Rien qu’à voir tous ces ruisselets d’eau fétide et ces flaques corrompues donnant la nausée, on se rend compte de la supercherie», relève un citadin, qui refuse de se plier à ce marché de dupes. Là où le bas blesse, fait-t-on remarquer, c’est que ces pratiques pernicieuses se font en toute impunité. Au nez et à la barbe des pouvoirs publics, qui se complaisent dans une posture d’indifférence.
N. Maouche
