Tension sur la viande bovine congelée

Les nombreuses boucheries spécialisées dans la commercialisation de viande congelée qui sont essaimées à travers la ville, sont en butte ces derniers temps à une crise liée à une rupture de stocks de viande bovine essentiellement. Rares sont en effet les commerces qui proposent encore aujourd’hui ce type de viande qui a fait en un laps de temps très court, une entrée tonitruante dans les ménages fixant ainsi de nouvelles habitudes alimentaires. Les prix comme de juste quand le produit est disponible ce qui est rarissime flirtent avec des pics jamais égalés. Quand les lois basiques de l’offre et de la demande arrangent nos commerçants ils savent y faire et en tirent grand profit immédiatement !. Nous nous sommes rapprochés de quelques bouchers afin d’en savoir plus. Une rumeur de plus en plus persistante parle en effet de prohibition et nombreux sont les ménages à nourrir une inquiétude somme toute légitime. Nos interlocuteurs, à l’unanimité, avancent la thèse de la rupture de stocks à l’échelle nationale balayant du coup toute référence à une quelconque interdiction d’importation. « La crise est conjoncturelle et puise ses racines dans l’interdiction faite à nos négociants d’importer du Brésil d’abord courant octobre 2005 et enfin d’Argentine à compter du 28 janvier 2006 » nous confiera l’un d’eux. Motif invoqué par les pouvoirs publics, l’existence d’abattoirs clandestins dans ces pays, entachant fortement de suspicion légitime les carcasses en provenance de ces pays !. L’Argentine, rappelons-le, l’un des tous premiers producteurs au monde occupe la première place pour nos importations en produits carnés congelés. On mesure donc aisément le poids de ce pays dans la régulation d’un marché pour lequel il faudra désormais découvrir de nouveaux circuits d’approvisionnements et mettre en place un courant continu d’opération d’importation de manière à couvrir une demande exponentielle. Ceux qui donc traditionnellement importaient d’Uruguay se retrouvent aujourd’hui aux premières loges. Pour les autres, c’est une question de temps. Le temps de s’adapter. Quant à la ménagère c’est aussi uniquement une question de temps puisqu’il nous a été signalé l’arrivage au port de plusieurs conteneurs. Et en attendant le retour proche de cette viande pour laquelle palinodie a été chantée, il est loisible à nos ménagères de nous sustenter de poissons ou d’agneau…congelés.

Mustapha Ramdani