Béjaïa Coupures d’électricité et chutes de tension – Ces désagréments qui irritent le citoyen…

L'été 2017 n'aura pas été de tout repos pour la Société nationale d'électricité et de gaz (Sonelgaz). La consommation d'électricité augmente de manière fulgurante. La colère citoyenne aussi.

Preuve en est, des citoyens de Seddouk Ouadda ont procédé, hier, à la fermeture du siège de l’agence locale de la SDE, pour crier leur colère des suites des coupures et autres chutes de tension intempestives dans leur région. Sur la côte Ouest de Béjaïa, ce sont des habitants de Souk El-Tenine qui ont fermé dernièrement la nationale 9 à la circulation pour réclamer «la lumière». Si la colère de ces citoyens est justifiée par les incessantes coupures d’électricité, chutes de tension et autres désagréments subis, il n’en demeure pas moins que la compagnie publique chargée de produire, transporter et distribuer l’électricité dans notre pays est sous «haute tension». En effet, la Sonelgaz fait face à de sérieux problèmes. «Les vols de câbles électriques, les créances impayées qui se chiffrent en milliards, le piratage d’électricité et les agressions sur les différentes installations sont autant de contraintes», déclarent-on auprès de cette société pour justifier les raisons des désagréments causés aux abonnés. Ils sont plusieurs quartiers d’une même zone, sise au centre-ville de Bgayet, Dar Djbel, Laazib Oumâamar, Boukhiama… à pâtir, depuis des semaines d’un problème de baisse et de chute de tension, dès les premières chaleurs de l’année. Les habitants, touchés par ce problème crucial qui, selon eux, empire d’année en année, nous ont fait part, outre de leur inconfort du à la chaleur caniculaire que la région vient de connaître, de leur inquiétude devant les risques réels de dommages pouvant attenter aux appareils électroménagers. Certains habitants de la cité Mouzaia Abdelkader en auraient déjà fait les frais, en perdant des appareils coûteux (machines à laver et téléviseurs) du fait des variations brusques de tension, qui se produisent autant en hiver qu’en été. Avec l’accroissement de la population et la surconsommation de l’énergie, le réseau électrique est plus que sollicité en cette période de grandes chaleurs. Il est devenu commun que la consommation de l’énergie électrique du mois d’août soit maximale, ce qui est appelé dans le jargon de cette entreprise le pic maximal, ou pic du mois d’août (PMA). Sauf que les travaux de renforcement des réseaux réalisés n’arrivent pas à faire face à cette consommation extrême. Et dans ce cas, d’autres réalisations plus performantes sont nécessaires, quoique très coûteuses, mais combien nécessaires à venir à bout de ces pannes, et définitivement. Par ailleurs, il est nécessaire de rappeler les investissements colossaux consentis par la Sonelgaz ces dernières années. Des centrales électriques sont construites en nombre appréciables, sans pour autant mettre un terme aux interminables coupures d’électricité et aux incessantes chutes de tension. Le mercure qui enregistre depuis des semaines des températures record n’est pas en reste dans la perturbation de l’alimentation en énergie électrique. En substance, les défaillances sont de part et d’autre. Des abonnés qui agressent le réseau électrique en toute impunité sans compter les factures impayées qui pèsent comme une chape de plomb. Ajouté à cela, l’absence de rationalité dans la consommation de cette énergie électrique qui se décline par de simples omissions, voire d’inattention comme le fait de laisser un téléviseur allumé sans que personne ne la regarde, des lampes allumées à longueur de journée… C’est dire toute la complexité de la question, car des lampadaires restent allumés même durant la journée, alors que des bourgades et des agglomérations éparpillées un peu partout continuent de manger leur «pain noir dans le noir».

Bachir Djaider