La piste de Vouziri enfin bétonnée

Partager

Les villageois de Vouziri, l’un des hameaux de Tafoughalt, dans la commune d’Aït Yahia Moussa, ont, enfin, le sentiment de goûter aux bienfaits de l’indépendance. La piste qui mène à la localité est bétonnée… 55 ans après !

«Nous avons attendu cinquante-cinq ans pour être désenclavés. Pourtant, durant la guerre de libération, notre hameau était le seul à avoir deux routes ouvertes par l’armée coloniale. Mais juste après l’indépendance, celles-ci ont été fermées par les propriétaires terriens pour diverses raisons», nous répond un délégué du collectif des habitants de Vouziri, dans la grappe de villages de Tafoughalt (Aït Yahia Moussa), désigné pour suivre les travaux entamés par une entreprise. Une grande partie du chemin muletier, devenu après aménagement et élargissement une piste « carrossable » est déjà bétonnée. Au plus tard, ce dimanche, celle-ci sera entièrement bétonnée. Elle a deux entrées: une du côté du cimetière Sidi Boubekeur et une autre du côté de la route principale du village qui mène à la RN25 et vers les autres quartiers tels Iâzavène, Ikhervane et Ath Ouméziane. C’est une grande joie dans le hameau de Vouziri. «Il faut comprendre que nous avons souffert durant plus d’un demi-siècle. Combien de fois avions-nous transporté sur nos dos des femmes enceintes sur des civières de fortune. Quant à nos mulets, ils ont vécu le même martyre que nous, en transportant sur leur dos les milliers de tonnes de matériaux de construction qui ont servi à la construction de nos maisons», souligne un autre intervenant. Dans ce village, pratiquement tous les grands hameaux et quartiers ont des accès. Il ne restait que celui-ci. «Nous remercions les autorités locales qui ont répondu à notre doléance déposée sur les bureaux de tous les exécutifs communaux qui se sont succédé à la tête de cette APC depuis l’indépendance. Le proverbe qui dit ‘‘quand on veut ont peut’’ est valable en toute circonstance», insiste un troisième intervenant. Du côté des habitants de Vouziri, il faut retenir cet engagement et cette volonté depuis le lancement de l’élargissement de ce chemin muletier. En effet, ils ont participé avec la force de leurs bras et de leur argent parce qu’ils ont réussi à construire des murettes en parpaings sur une distance de plus de sept-cents mètres, surélevées de grillage pour protéger une grande partie du cimetière avoisinant. Dans ce grand village d’une population de plus de cinq mille habitants, il est attendu que le prochain exécutif communal, qui sera issu des prochaines élections locales fasse un effort pour bitumer en tapis la piste vers Iâzavaène, car celle-ci est encore en tri-couches et dégradée à divers endroits, notamment avec le passage des réseaux de gaz naturel et d’eau potable.

Amar Ouramdane

Partager