àmoins d’une semaine de l’Aïd El-Adha, nombreux sont ceux qui n’ont pas encore acheté le mouton. Dans une virée au marché hebdomadaire, il nous a été donné de constater que peu de personnes avaient acquis cette bête. En effet, dès les premières heures de la journée, des camionnettes chargées de moutons de toutes tailles arrivaient au parc devant l’aire réservée aux bestiaux. D’ailleurs, pour cet avant dernier marché avant la fête, toutes les ruelles de la ville étaient transformées en parkings autos. Du côté des bêtes, il y en avait des centaines. Dès cinq heures du matin, les revendeurs, comme à l’accoutumée, s’affairaient à faire leurs bonnes affaires. D’ailleurs, ce sont eux qui flambent les prix. Certes, il y en avait pour toutes les bourses, mais, beaucoup hésitaient encore à mettre la main à la poche. Quant aux prix, ils oscillaient entre 30 000 dinars et 70 000 dinars. Tout dépend de la taille de la bête et de son origine. Force est de constater que ce sont les moutons élevés dans les villages qui coûtaient plus cher. «Imaginez que j’ai élevé ces deux moutons depuis le mois de mars dernier. En plus de tous les tracas quotidiens pour les faire paître, il a fallu aussi leur acheter de la nourriture. Ce n’est pas l’aliment avec lequel, généralement, sont engraissés les moutons confinés dans des étables que je leur donne. Je les nourris même avec de l’orge… Et voilà que les revendeurs m’assaillent pour les arracher à des prix qui ne sont pas les leurs. Je peux encore les garder des mois sans que je les vende à ces prix si c’est pour les brader», nous répond un éleveur venu d’Iâllalen, de la commune d’Ait Yahia Moussa. Quant aux acheteurs, ils estiment que les prix sont exorbitants. «C’est la première fois que je vois des prix pareils. Une bête qui ne pèse pas dix kilos est fixée à 45 000 dinars. Si cela continue comme cela, il vaut mieux s’abstenir de sacrifier cette bête que de jeter son argent», estime un client qui voulait marchander le prix avec un revendeur intransigeant. Vers onze heures, la place du marché était encore pleine comme un œuf. Peu de bêtes ont été vendues. Il n’y avait de concession ni de la part des vendeurs ni de celle des acheteurs. «Il reste encore trois marchés. Dimanche à Boghni, Samedi à Tizi-Gheniff, et encore jeudi prochain ici à Draâ El-Mizan. Peut être que les prix vont baisser», constate un habitué de ce marché. En tout cas, tout le monde s’accorde à dire que le mouton coûte cher. D’ailleurs, on a constaté que nombreux sont ceux qui ont opté pour le sacrifice collectif (bovins). «Pour la troisième fois, nous égorgeons un taureau. En effet, avec moins d’argent, on a quand même une grande quantité de viande. Nous sommes sept. Chacun de nous participe en payant trente mille dinars. Cela vaut mieux que d’acheter une bête à 30 000 dinars qui pèse à peine sept kilos», nous explique un autre client venu jauger les prix. En définitive, eu égard aux prix exorbitants, nombreux seront ceux qui ne pourront pas faire plaisir aux enfants, d’autant plus que cette fête coïncide avec la rentrée scolaire, une autre saignée, après celle consentie durant tout l’été avec son lot de fêtes familiales et autres cérémonies.
A. O.
