Bientôt les assises du MAK

Après plusieurs mois d’absence de la scène médiatique, Ferhat Mehenni, porte-parole du MAK, a animé un point de presse hier, à la médiathèque de Tizi Ouzou. Revenu de France, il y a cinq jours, où il vit en famille depuis quelques années, suite, selon ses dires, à des menaces de mort, le chanteur de la fin des années soixante-dix, reconverti en politique en 1989 avec le RCD, avant d’en devenir l’un des premiers ennemis, est revenu prêcher hier à Tizi Ouzou son projet pour l’autonomie de la région. Lâché par son bras droit, Abdenour Abdesslem, qui lui reprochait justement son absence prolongée du territoire de la Kabylie, Ferhat était accompagné de son fidèle camarade Ahmed Aït Bachir. Dans sa déclaration, Ferhat Mehenni a affirmé que « le MAK sera toujours là pour exprimer ses aspirations à l’existence, à la dignité et à ses propres institutions dans le cadre d’une Algérie plurielle ». Le responsable du MAK a annoncé que les cadres de son mouvement ont décidé d’accentuer la structuration de leur organisation et de faire du 5e anniversaire de la revendication autonomiste, un pré-congrès en vue de la tenue de ses assises avant la fin de l’année, dans la mesure du possible, et les intellectuels de la région sont invités à y apporter leur réflexion. Il a aussi été décidé d’organiser une marche le 20 avril prochain : « De préférence avec d’autres, mais seul s’il le faut ». Le conférencier a annoncé que trois militants du MAK de l’université de Tizi Ouzou font l’objet de poursuites judiciaires. L’orateur n’a pas livré plus de précisions à ce sujet. Le porte-parole du MAK a condamné toute violence politique et plaidé en faveur de la raison et du sens des responsabilités pour une évolution ordonnée vers la mise en place d’un « Etat régional local ». Ferhat Mehenni a, en outre, signalé la tenue d’une réunion des cadres du MAK au village Marghna (commune d’Illoula Oumalou) vendredi passé. Avant la rencontre, il a été procédé à un dépôt de gerbes de fleurs sur la tombe du regretté Améziane, fils du chanteur. Les travaux ont porté sur l’analyse de la situation de l’Algérie en général et de la Kabylie en particulier. Pour le MAK, les conclusions qui en sont tirées sont particulièrement alarmantes pour la Kabylie. Le MAK a dénoncé la prolifération des phénomènes de la prostitution et de la drogue ainsi que la propagation de l’insécurité. Le MAK a proposé la création d’une commission de contrôle de la destination des fonds au niveau des APW afin de suivre et de contrôler la consommation et la réalité des dépenses : « Il est inadmissible que les décisions de ces instances élues soient soumises au veto du wali qui en fait ce qu’il veut ». Le MAK ajoute que la fermeture de l’aéroport de Béjaïa, pour cause de réfection de la piste d’atterrissage, à partir de septembre 2006, ne serait qu’un prétexte pour y supprimer les vols internationaux au profit de l’aéroport de Sétif, « ce qui serait une autre preuve flagrante de discrimination contre la Kabylie ». Sur le plan culturel, M. Mehenni a indiqué qu’heureusement Berbère TV existe en France pour l’expression des talents de la liberté. Ferhat Mehenni s’oppose à la Charte pour la réconciliation nationale ainsi qu’au retour des appels à la prière diffusés régulièrement à la Télévision, qui est selon lui « un gage du pouvoir donné à l’intégrisme et une volonté affichée de se conformer au diktat terroriste ». Notons que Ferhat prendra l’avion pour Paris dans les prochains jours, où il animera un gala avec Oulahlou.

Aomar Mohellebi