Politique d’emploi – Le SNATEGS dénonce et interpelle

Dans une déclaration rendue publique hier, le bureau national du Syndicat autonome d’électricité et gaz (SNATEGS), s’attaque au ministre de l’Énergie en la personne de Mustapha Guitouni, suite à «son approbation d’un recrutement d’un jeune homme devant les médias sans respecter les procédures juridiques nécessaires». Le bureau du SNATEGS déplore ce procédé de recrutement «sans pour autant se soucier du respect des procédures qui doivent être appliquées par les comités légaux qui veillent à la transparence entre les concurrents et décident à refuser ou à accepter l’emploi des meilleurs candidats», peut-on lire dans cette déclaration. Les syndicalistes du SNATEGS impute également le fait que «c’est le même responsable qui a été à la tête de la Sonelgaz lors de la purge des licenciements abusifs de plus de 250 délégués syndicaux du SNATEGS», et affirment avoir adressé plusieurs courriers pour dénoncer ce mode de recrutement : «Nous avons envoyé de nombreuses lettres aux autorités supérieures dans ce sens, en dénonçant la politique de l’emploi du favoritisme et du clientélisme dans le groupe Sonelgaz. Cette pratique a pris une dimension alarmante devant la vanité de ses fonctionnaires qui maintenant recrutent sans gêne devant les médias, sans se soucier du respect envers le peuple algérien, la société civile, le partenaire social légitime et plus précisément, envers les chômeurs qui se sont lassés d’une politique d’emploi corrompue au niveau du secteur de l’énergie et que cet acte que nous qualifions de gravissime est passé sous les yeux de la présidence de la République et le nouveau gouvernement récemment créé», déplorent-ils. Plus loin dans leur réquisitoire, les syndicalistes lancent un appel au premier magistrat du pays afin d’intervenir personnellement : «Nous demandons au président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, d’intervenir personnellement dans cette affaire, afin d’ordonner au ministre de l’Énergie de respecter le peuple algérien et plus particulièrement les chômeurs, ainsi que les partenaires sociaux qui rejettent catégoriquement ces pratiques que nous qualifions d’irresponsables. Ces faits génèrent de la colère qui nous incite par conviction à nous faire entendre notre voix pour sauvegarder l’intégrité de nos institutions nationales», souligne le communiqué. Par ailleurs, les syndicalistes appellent le peuple algérien, les partis politiques et la société civile en général à se mobiliser : «Nous appelons le peuple algérien, la société civile, les partis politiques à se battre contre ce grave fléau qui a généré plus de 60% d’emploi de favoritisme dans la catégorie des cadres de la Sonelgaz en particulier, et dans le secteur de l’énergie en général, par l’instauration d’un système se basant sur le favoritisme et le clientélisme sans aucun respect des facteurs d’efficacité ou de compétitivité sur des mécanismes de norme de recrutement existants à l’échelle nationale ou internationale», est-il déploré. Les membres du bureau du SNATEGS signalent, par ailleurs, que des actions seront entreprises afin d’élaborer une nouvelle politique de l’emploi : «Nous allons entreprendre à unifier les jeunes chômeurs et d’organiser un séminaire national sur l’élaboration d’une nouvelle politique d’emploi dans les entreprises économiques, et de proposer un plan d’action pour corriger la politique de l’emploi actuelle, et lutter plus particulièrement contre les emplois de favoritisme afin de mettre fin aux coups médiatiques des ministres envers le peuple algérien», conclut le communiqué.

Hafidh Bessaoudi