Les travaux de la pénétrante vers l’autoroute Est-Ouest sont souvent confrontés à plusieurs entraves.
Si les oppositions n’en finissent pas quand on sait que les habitants de Maâmar bloquent la réalisation d’un viaduc de plus de 1 000 mètres linéaires au lieu-dit Vouhadj (Tafoughalt) et que les propriétaires de 32 habitations, sises à Ouled Aissa sur la périphérie de la ville de Draâ El-Mizan recensées pour être démolies, campent sur leur position de ne pas accepter les montants des indemnisations fixées par les pouvoirs publics, sont déjà quelques causes du non avancement des travaux. Le licenciement de plus d’une centaine de travailleurs à la fin du mois d’août dernier, après la fin de leur contrat, pour divers motifs, vient s’ajouter à ce lot d’entraves. Ces travailleurs licenciés, soutenus par les ouvriers exerçant sur d’autres chantiers, à savoir la réalisation des tronçons autoroutiers, viaducs, échangeurs et tunnels, ont observé, hier, un sit-in devant la base de vie turque sise à quatre kilomètres de la ville sur les abords de la RN25. C’est dire que l’activité a été paralysée le long du tracé de cet axe routier, à l’exception des Turcs qui ne sont pas en grève. «On ne voit pas comment ont été décidés ces fins de contrats. Pourtant, le projet a beaucoup de retard. Donc, il faut même embaucher d’autres ouvriers, mais les responsables préfèrent recruter des étrangers (des Turcs). Alors que font nos responsables pour exiger que la main-d’œuvre soit assurée par les Algériens ?», s’interroge l’un des grévistes ayant soutenu ces travailleurs mis au chômage avec ces temps de vaches maigres. Et à un autre d’ajouter : «Parmi ces licenciés, il y a même des syndicalistes. Les responsables du groupe ne veulent pas que les travailleurs soient défendus, c’est pourquoi ils auraient agi de la sorte. C’est du chantage». Du côté des protestataires, il y a une seule voix : «Nous exigeons notre réintégration sans aucune condition. C’est notre droit absolu d’être employés dans ces chantiers. Tous les motifs invoqués sont injustes. La raison avancée, à savoir qu’ils sont licenciés pour absentéisme ou pour manque de sérieux, ne tient pas la route. Est-ce que réellement ces griefs retenus à l’encontre de plus de cent travailleurs sont exacts, si ce n’est l’abus du pouvoir des responsables du groupe ?», s’est interrogé un travailleur devant le portail de la base de vie. «Nous n’allons pas lâcher du lest parce que nous savons que nous avons raison», diront-ils à l’unanimité. Enfin, il est à souligner que ce projet accuse déjà un grand retard parce que les délais fixés pour sa livraison sont dépassés, sans qu’aucun tronçon, aussi minime soit-il, ne soit déjà livré près de quatre ans après le lancement des travaux. Amar Ouramdane

