Au lendemain de la fête de l’Aïd El-Adha – Les peaux de moutons débordent des poubelles

Un décor désolant s’offre à la vue après chaque fête de l’Aïd El Kebir. Des peaux de moutons sont abandonnées ici et là et éparpillées aux quatre coins des villes. En effet, au lendemain de l’Aïd, partout à travers la wilaya de Bouira, comme c’est le cas à Chorfa, les poubelles étaient pleines à craquer de peaux de moutons, abandonnées après le sacrifice. Au quartier de la SAS, situé aux abords de la RN15 traversant la ville de Chorfa, les poubelles sont tellement débordées de déchets de toutes sortes que les peaux de moutons sont laissées à même le sol. De ces lieux, se dégagent des odeurs pestilentielles et repoussantes. Le même décor est visible à Bouira-ville. À l’ancienne gare routière par exemple, des peaux de moutons jonchent le trottoir et attirent mouches, insectes, chiens et chats errants. Pour de nombreuses familles ayant accompli le rituel du sacrifice, notamment en ville, il faut à tout prix se débarrasser des peaux des bêtes qu’ils jettent dans les poubelles sans même avoir pris le soin de les emballer dans des sachets. Néanmoins, chez certaines familles, les peaux sont nettoyées et traitées et servent à la confection de tapis pour la décoration. Cette pratique est plus courante dans les villages kabyles, où les vieilles femmes perpétuent encore cette tradition qui se transmet de génération en génération mais qui tend peu à peu à disparaître. D’aucuns estiment que cette matière première est précieuse et gagnerait à être valorisée, mais en l’absence d’une industrie de transformation, des milliers de peaux finissent dans les poubelles. À côté de cela, il y a tous les restes du foin abandonnés sur place, soit par les revendeurs ou, en bas des cités résidentielles, par les particuliers. C’est là un autre aspect de l’insalubrité visible, à chaque fois, à l’occasion de la fête de l’Aïd. À travers les quartiers de la ville de Bouira, les restes du foin sont visibles partout et dégradent un peu plus l’environnement urbain. Pourtant, à la veille de l’Aïd, de nombreux appels ont été lancés sur les réseaux sociaux par des acteurs associatifs sensibilisant les gens sur la nécessité de préserver l’environnement. Dans ces mêmes appels, il est préconisé de se prémunir de sachets noirs pour entreposer les restes du foin et autres déchets provenant de l’opération du sacrifice des bêtes. Il est aussi suggéré de nettoyer les lieux d’abatage et de laisser les quartiers propres. Seulement, ces appels ont été très peu ou pas du tout suivis.

D. M.