Le parti des travailleurs (PT) a réagi, avant-hier jeudi, au nouveau Plan du gouvernement Ouyahia, adopté par le Conseil des ministres la veille. Le PT, dans sa déclaration, s’est réjoui du non recours à l’endettement extérieur, tout en émettant des réserves sur ce qu’il a appelé «endettement interne», qui ne sera pas sans risque pour le pays, selon le parti. Allant plus loin dans son raisonnement, le PT a situé le problème de cette option à plusieurs niveaux. Il est question, notamment, du risque de l’effondrement du dinar qui provoquera inévitablement la baisse du pouvoir d’achat. «Faire marcher la planche à billets va provoquer l’effondrement du dinar et, donc, du pouvoir d’achat déjà laminé», redoute le parti de Hanoune, tout en accusant le pouvoir en place d’être derrière le déficit enregistré par le Trésor public. «Le gouvernement justifie le recours à la Banque d’Algérie par la nécessité de combler les déficits publics. Or, s’il y a déficit, c’est le résultat de la politique mise en œuvre depuis des années, à savoir les cadeaux offerts aux milieux d’affaires sans contrôle ni bilan ». Le PT explique encore que «l’argent que prêtera la BA au Trésor public va renflouer le fonds national d’investissement qui, à son tour, financera les pseudo-investisseurs qui ont siphonné sans cesse l’argent public sans aucun résultat ni bilan et ce, des années durant». Pour le PT, il est «urgent de corriger les politiques mises en œuvre jusqu’à aujourd’hui. C’est-à-dire, récupérer les deniers publics, combattre la corruption, mettre fin à la prédation et à la nuisance que constitue le mélange de l’argent avec la politique». Le parti des travailleurs s’est exprimé sans doute sur la nouvelle orientation économique adoptée en 2016 sous le gouvernement Sellal qui serait, pour lui, la référence pour le nouveau gouvernement en place. Il s’agit, notamment, de la réforme de la santé. Pour le PT, il faut un plan d’urgence pour sauver les hôpitaux et retirer officiellement le projet de loi santé et répondre aux revendications des travailleurs du secteur. Le parti a, en outre, répondu à l’appel du Conseil des ministres sur la préservation de la stabilité du pays. Selon lui, cette stabilité est conditionnée par l’arrêt de la politique d’austérité. Il a invité le gouvernement à «annuler les mesures antisociales en interdisant toute augmentation de taxes ou d’impôts lors de la loi de finances 2018, augmenter le pouvoir d’achat des ménages».
Kamela Haddoum.
