Entre rareté et cherté

Partager

Depuis la semaine dernière, des chaînes discontinues se forment, dès les premières heures de la matinée, devant le point de vente des manuels scolaires implanté à proximité de l’école Larbi Tebessi du chef-lieu de wilaya.

Pourtant, ce point de vente, sensé alimenté l’ensemble des besoins des écoliers, ne semble pas pourvoir les élèves en certains manuels scolaires qui demeurent indisponibles. C’est le cas pour les livres de la 4ème année primaire qui sont en rupture de stock. C’est ce qui nous a été annoncé samedi matin auprès du deuxième point de vente aménagé au niveau de la maison de la culture Ali Zamoum de la ville de Bouira. Un espace ouvert mardi dernier, le 05 septembre, et qui assurera la vente du manuel scolaire jusqu’à mardi prochain pour justement décongestionné celui mitoyen à l’école primaire Larbi Tebessi. Cependant, force est de constater que malgré ces dispositions, l’absence de certains ouvrages demeure. Pour les manuels scolaires de la 3ème année moyenne, les livres d’arabe, de mathématique et de Tamazight sont inexistants. «Revenez tenter votre chance la semaine prochaine», répond-t-on aux parents venus faire leurs achats. Une réplique déjà entendu la semaine dernière, nous fait on savoir sur place. Des dizaines de parents, hommes et femmes accompagnés de leurs progénitures font la chaine durant plusieurs heures pour acheter les manuels et lorsque leur tour arrive, ils repartent bredouilles et dépités. D’ailleurs, les motifs pour repartir sans les manuels scolaires sont divers, comme l’absence de petite monnaie. «J’ai fais la chaine pendant une demie heure, et une fois mon tour arrivé, j’ai du laisser les livres sur place car je n’avais pas de monnaie pour les payer. Le préposé à la vente ne pouvait pas me rendre la monnaie du billet de 2000 dinars que je lui avais remis pour m’acquitter de ces achats. J’en avais pour 1355 dinars et je dois maintenant ressortir trouver de la petite monnaie et ensuite revenir pour payer les ouvrages. C’est un véritable parcours du combattant pour s’acquitter de cette tâche», nous confie Amar, un parent d’élève venus spécialement de la commune d’Aghbalou. Ainsi, en plus de la distance parcourue par notre interlocuteur, plus de 60 km, les heures d’attentes pour se faire servir, l’indisponibilité de certains ouvrages, il faut se parer de monnaies afin de régler ces achats incontournables. Entre cherté et rareté, l’achat des manuels scolaires cette année à Bouira relève d’une véritable corvée. Pour le directeur de l’éducation de Bouira, M. Mourad Bouziane, il s’agit là d’une rupture de stock temporaire mais qui ne saurait s’inscrire dans la durée. Par ailleurs, le premier responsable du secteur de l’éducation de Bouira tient à faire savoir que le prix des manuels scolaires n’a pas connu d’augmentation et que les tarifs pratiqués, aussi bien dans les librairies que dans les points de vente agrées sont identiques. «Les prix des manuels scolaires sont indiqués sur la couverture et il n’y a aucune différence entre les librairies et nos points de vente», rassure M Bouziane. Ce dernier affirme, également, que les livres scolaires seront distribués à titre gracieux au profit des élèves issus des familles défavorisées. A rappeler que la direction de l’Action sociale (DAS) de la wilaya de Bouira a dégagée une aide conséquente au profit des élèves issus des 65.000 familles nécessiteuses recensées. Des aides matérialisées par la distribution d’articles et de manuels scolaires, ainsi que pour la prime de 3.000 dinars pour les parents d’élèves démunis.

Hafidh B.

Partager