Cette année encore, la récolte de figues est considérée comme faible par les agriculteurs de la région d’Aïn El Hammam où les figueraies florissantes de jadis disparaissent une à une, faute d’entretien. Les vendeurs habituels de figues fraîches n’en ont pas proposé beaucoup à la vente, comme durant les années précédentes. Quelques jeunes de Boubhir ont réussi à mettre sur le marché quelques kilos de fruits chétifs mais vite écoulés. Quant aux figues sèches, personne ne se fait d’illusion. Les paysans parlent d’une «récolte presque nulle». « J’en ai tiré juste un panier ; ce qui est insuffisant pour les besoins de la consommation familiale», estime un sexagénaire. Au fait, peu de personnes vivent de leur terre. Ceux qui ont la terre dans l’âme n’arrivent pas à garder leurs propriétés dans le même état où leurs parents les leur avaient léguées. Leurs journées de repos ou leurs congés annuels ne suffisent pas à s’occuper du désherbage, de l’élagage et de la plantation des arbres. La plupart d’entre eux ne vont dans leurs champs qu’au moment des récoltes. Les paysans revenus à la terre après leur retraite dans d’autres secteurs, ne s’investissent pas suffisamment dans la culture du figuier, jugée peu rentable comparée à celle de l’olivier. Les rares figuiers qui bordent les routes présentent des feuilles recouvertes de poussière et jaunies par le soleil mais pas de fruits. Les figues rescapées de la chaleur de l’été sont si petites qu’on les distingue à peine. Les passants ne se font pas prier pour en cueillir une ou deux qu’ils consomment sur place, sans les laver au préalable. En sus du manque de travail de la terre, les chaleurs de l’été ont eu raison des fruits dont la plupart sont tombés avant leur maturation alors que les branches ont perdu leurs feuilles bien avant l’heure. Il n y a que les figuiers situés dans les zones humides qui ont gardé une partie de leurs fruits. Certains agriculteurs, friands de figues, ont été obligés d’arroser leurs arbres pour en tirer suffisamment de fruits pour leur consommation. Comme l’an dernier, beaucoup de champs qui ont été la proie des flammes ont vu leurs arbres complètement calcinés. Certaines propriétés qui subissent des incendies chaque année, ne sont plus que terrains arides où le maquis a remplacé les figueraies jadis si florissantes.
A. O. T.

