Aïn El-Hammam – Les villageois creusent de plus en plus de puits

Habitués à l’abondance d’eau, à longueur d’année, les habitants des hauteurs de la Kabylie telle Ain El Hammam, ne peuvent concevoir d’en manquer ne serait-ce que pour quelques heures. Ce qui arrive souvent ces dernières années, en période estivale où les restrictions sont fréquentes autant que les coupures d’ailleurs, dans certains villages. Les points d’eau oubliés jusqu’à maintenant, renouent avec leur affluence d’antan. Cependant, avec la hausse des températures et l’insuffisance de la pluviométrie enregistrées ces dernières années, les fontaines ancestrales de la plupart des villages ont vu leurs débits considérablement réduits au point où certaines ont carrément tari. Les fontaines aménagées avec l’aide des pouvoir publics ne peuvent plus faire face à la demande de la population. Le manque d’eau est si important pour les villages que les habitants se démènent pour la chercher là où elle se trouve, parfois très loin de chez eux. Pourtant, en observant les abords humides des fontaines on s’aperçoit que si on se donnait la peine de capter l’eau qui suinte à l’extérieur des réservoirs, on pourrait en augmenter les réserves. Face au problème de disponibilité de cette source de vie, et d’éloignement des fontaines, les villageois ne restent pas les bras croisés. La mode, cette année, est au creusement de puits et aux forages, à quelques mètres des habitations. Beaucoup de villages s’y sont mis dans la région. Pour cela on fait appel à des puisatiers et autres sourciers dont les connaissances en hydrologie sont loin d’obéir à des considérations scientifiques. À 25000 dinars le mètre cube, ils vous promettent de l’eau à quinze mètres de profondeur. Pour le moment, ni Tillilit, ni Aourir ne pensent creuser au-delà des limites raisonnables. Quant à Taourirt, elle ne perd pas espoir d’arriver à la nappe phréatique si ses moyens financiers lui permettent d’aller plus loin. Avant ces villages, d’autres particuliers habitants les hauteurs des collines s’y sont essayés, sans résultats. Seuls les agriculteurs qui ont choisi de creuser des puits dans leurs propriétés situées au bas de la vallée, ont réussi dans leur entreprise. Notons que des villages de la région d’Iferhounene ont choisi de réaliser des captages de sources naturelles au niveau de la montagne et d’acheminer l’eau sur plusieurs kilomètres jusque dans leurs foyers. Les travaux couteux mais oh ! Combien utiles, ont été pris en charge par la communauté par le biais de volontariats et le financement grâce à des cotisations. Ces exemples de compter sur soi qui foisonnent dans toute la région de haute montagne, sont à méditer.

A. O. T.