La Maison de jeunes de Mekla a vécu une journée très animée, ce jeudi 9 mars, et le directeur a eu fort à faire pour recevoir, organiser, diriger, et satisfaire tout ce monde venu pour la circonstance. Toutes les salles ont repris du service. Dans la cour, l’équipe de tennis s’en donnait à cœur joie tandis que la troupe de théâtre “Lahna” s’activait autour de la journaliste (l’actrice Diana) de la Chaîne 2 et son collègue Saïd Freha venus interviewer chacun des acteurs. Cela a pu finalement se dérouler dans une pièce où chacun a pu s’exprimer, à la satisfaction générale et enregistrer même un sketch sur bande audio. Cela a été aussi l’occasion pour citer les grandes figures de la région et rappeler aux mémoires les personnalités de la région, pour rappeler le souvenir des disparus (Cheikh Arab Ou Bouyezgaren pour la chanson, Aissat Idir pour le combat et le syndicalisme, Benai Ouali pour le combat libérateur et la défense de l’Amazighité et tant d’autres, émission radiophonique que les auditeurs savoureront le mercredi prochain à neuf heures sur les ondes de la Chaîne 2. La grande salle de la Maison de jeunes, réservée à l’expression féminine, a vu l’exposition de couture et de broderie, ainsi que l’art traditionnel, que des citoyennes (femmes au foyer) ont présenté sur les grandes tables. Ces ouvrages fait-main sont leur ressource et leur emploi. Elles ont tenu à profiter de la journée internationale de la femme pour les présenter au public venu nombreux car, répondant à l’appel des membres du RND – local et wilaya -, le directeur a organisé une rencontre autour du thème de la femme et de sa participation active et hautement stratégique au combat durant la guerre de libération. Le regretté Larbi Ben Mehidi a résumé cela en quelques mots : “Donnez-nous vos avions et nous vous donnerons les couffins de nos femmes.” La femme algérienne s’est investie dans tous les domaines et s’est sacrifiée sur tous les champs de bataille.Cela a concerné particulièrement le village de Belghozli, sis dans la commune de Souama, où la délégation s’est rendue en compagnie des représentants des APC et des Autorités locales pour se recueillir à la mémoire des huit femmes qui ont été brûlées vives un certain 28 septembre 1958, victimes expiatoires de la barbarie humaine. Une stèle commémorative demeure le symbole de leur sacrifice.Cette délégation, emmenée par M. Mokadem, (député et secrétaire général du RND et TO) a préparé des cadeaux symboliques pour leur descendants et dont la remise s’est effectuée dans la grande salle de la Maison de jeunes. Cela a été l’occasion aussi pour les représentants du village de Belghozli et de Ait Zellal pour déclarer leur amertume devant un déni flagrant car, quoique la liste des huit femmes martyres soit bien claire et détaillée, ils ont tenu à rappeler que “l’une d’elles ne bénéficie même pas de la reconnaissance de sa qualité de moudjahida ni de martyre !Pour une martyre reconnue, puisque son nom figure sur la stèle, c’est vraiment un comble de l’aberration !” Les services de la Mouhafadha et le Ministère des Anciens Moudjahidine ont été plusieurs fois saisis pour la rectification mais, à ce jour, rien n’est fait. L’écriture de l’histoire, comme l’ont résumé beaucoup d’écrivains et d’historiens, nécessite vraiment d’être revue. Comme l’a déclaré un élu : “L’histoire ne relève pas du législatif ! Il est temps que l’histoire intégrale de notre pays soit écrite en toute objectivité, et en toute impartialité, loin de toute influence individuelle ou partisane”. Dans le bureau du Directeur, M. Hamitouche, les représentants venus de Tizi Ouzou ont rappelé des promesses du Ministre de tutelle quant aux infrastructures locales, qui ont grand besoin q’uon se penche sur leur état ainsi que la nécessité urgente de reprendre en mains la Jeunesse en lui offrant les possibilités de son expression et les moyens de réalisation.Le stade de Mekla demeure toujours à l’abandon – tout en continuant à servir en toutes circonstances pour des joutes footballistiques occasionnelles – la Maison de jeunes de Djemaâ Saharidj a vu ses activités suspendues pour nécessité de réfections urgentes décidées par le CTC. Un courrier adressé au Ministre de tutelle a été remis par le Directeur au représentant du RND, où sont inscrites toutes les doléances et relevés de tous les besoins pour le bon fonctionnement d’une Maison de jeunes qui tend à sortir de l’ombre à travers tous les domaines d’activité qui vont du théâtre à l’informatique en passant par la musique, les danses, le tennis la pétanque, le karaté, le kung fu, le vo-vietnam, la bibiothèque et les cours de soutien en français et en anglais. Les excursions et les journées de plein air, les randonnées et les week-end-plage ont leur place dans ce programme.De même que les célébrations et les commémoration, les fêtes nationales et les journées mondiales, sans oublier les semaines sur les arts les plus divers ainsi que la participation aux concours en partenariat avec les femmes au foyer et le Mouvement associatif. A noter que l’élément féminin est largement représenté dans toutes les activités. “Il nous faut les moyens pour aider nos jeunes à ne pas franchir le Rubicon ! La délinquance frappe à nos portes ! Nous ne saurons demeurer passifs et nous agirons par tous les moyens mis à notre disposition”, a résumé le directeur. Il demeure un espoir que son appel soit entendu et que satisfaction soit donnée à la demande. Rappelons que les promesses demeurent non satisfaites à ce jour.
Sofiane M.
