Le conflit a failli dégénérer au FLN, à Béjaïa

Pourtant, il est président de section communale du parti et on l’a classé en 3e position loin derrière deux personnes qu’il considère comme inconnues au parti, alors que deux autres, mieux appréciées par la population, selon lui, ont été évincées. Il y a eu, au dernier moment, un changement radical de la liste de candidature à l’assemblée populaire communale. Cela l’a irrité et il s’est retiré de la troisième place pour se positionner parmi les suppléants et il avait fait ça par fidélité au parti, sinon il aurait carrément retiré son dossier pour mettre dans la gêne les concepteurs de la liste. Cela s’est passé dans une commune rurale dans laquelle, d’ailleurs, une autre formation politique a eu du mal à imposer le président du bureau communal en tant que tête de liste. Les militants d’un quartier très populaire se sont ramenés en force à l’assemblée générale pour proposer deux des leurs comme tête de liste, tout en déniant le droit à ce dernier de mener à chaque fois la liste. Ce n’est qu’après des altercations verbales suivies de tractations que la liste a été finalisée. Le cas de cette commune rurale laisse deviner ce qui se passe de plus compliqué dans les communes riches, dont les prétendants à la magistrature se bousculent au portillon. Dans plusieurs communes, il y a eu des listes établies puis refaites sur injonction, parfois de la direction nationale des partis mais souvent sur insistance des militants de base qui veulent des représentants pour chaque quartier. Cela a commencé depuis plusieurs semaines mais les retraits de noms des listes s’est fait les deux derniers jours de la période de délais pour le dépôt des dossiers. Effectivement, c’est la dernière semaine que le positionnement des noms sur les listes a commencé à filtrer. Et il y a eu des mécontents à la pelle. C’est tout le monde qui se voyait parmi les premiers, synonyme d’un poste dans l’exécutif et souvent ces derniers sont déçus. Si certains l’acceptent intérieurement, d’autres crient sur tous les toits que la liste de leur parti n’obtiendra aucun siège, car leurs noms n’y figurent pas. Du mécontentement des candidats relégués aux positions du bas aux menaces de boycott que profèrent les habitants de certains quartiers qui n’ont aucun représentant dans les différentes listes, tout y est dans cette précampagne électorale. Outre ce fléau de retrait de dossiers, car on est mal classé dans la liste qui refait surface à chaque échéance, il y a aussi ce qu’on pourrait appeler le Mercato électoral qui a accompagné la préparation des listes. Nous avons vu des anciens maires changer de partis politiques car soupçonnant leur mise à l’écart dans la confection d’une nouvelle liste. Il y a eu même des candidats refusés dans certaines listes qui n’ont pas hésité à proposer leurs candidatures à d’autres formations politiques. Même le président de l’APW n’a pas échappé à cela. Il a démissionné de son parti pour présenter son dossier, afin de mener la liste du FLN. Mais sur insistance des responsables locaux du parti, qui était net menacé par une démission collective de l’ensemble des candidats de leur formation, la direction nationale a opté pour un militant de longue date pour driver la liste du parti à l’APW. Alors que seuls quelques noms sont dévoilés sinon la composante des listes et le classement des uns et des autres ne sont pas encore portés à l’attention de la base, des grognements ont déjà commencé. Ils seront plus bruyants dès l’annonce des noms composant les listes et leurs positions respectives.

A. Gana