Cette période précédant les élections locales s’apparente à une guerre sans merci au sein des partis politiques. Les démissions successives au sein de certaines formations politiques traduisent un profond malaise que les chefs desdits partis tentent de minimiser. A Ouzellaguen, c’est le premier secrétaire de la section FFS, M. Medjkoune, qui vient de jeter l’éponge, en démissionnant du plus vieux parti d’opposition. Dans une déclaration, dont nous détenons une copie, ce désormais ancien militant dit exprimer «son mécontentement et sa colère» et «n’avoir pas digéré» la manière dont a été confectionnée la liste de candidatures du parti au niveau de la municipalité d’Ouzellaguen. «La liste du FFS pour l’APC d’Ouzellaguen a été élaborée, unilatéralement, par l’actuel tête-de-liste, un ancien militant, qui boycotte depuis longtemps le parti et qui est depuis longtemps absent du champ politique et social, à tous les niveaux», peut-on lire dans la lettre de démission. Dans ce fief et bastion électoral du FFS, «les murs n’en finissent pas de se lézarder», dit encore M. Medjkoune, expliquant les raisons qui l’ont poussé à quitter les rangs du parti : «Cette démission est un véritable crève-cœur pour moi. Je me retire du parti d’Aït Ahmed après 27 ans de militantisme au cours desquels j’ai tout donné», écrit-il. Le ras-le-bol, jusque-là contenu et circonscrit intra-muros, a donc fini par éclater. Le premier secrétaire de section démissionnaire, bien en vue au niveau local du parti, pointe «la responsabilité de celles et ceux qui, par calculs et intérêts personnels, par stratégie de groupes et autres intentions cachées de compromission, ont érigé tout un mode d’élection, faisant fi de l’intérêt général du parti». Dans le même sillage, le rédacteur de la lettre «condamne fermement le fait que ladite liste écarte catégoriquement l’élu du parti en 2012 à l’assemblée d’Ouzellaguen… Ceci s’apparente sans nul doute à une véritable purge que je vois comme un moyen de casser définitivement une reconstruction forte du parti à Ouzellaguen et au-delà même dans toute la vallée de la Soummam», affirme-t-il. Il continue, accusant la nouvelle direction «de manquement aux statuts du parti, de mépris à l’égard de la base et de non-respect des doléances formulées par cette section, qui était pourtant parmi les plus dynamiques». Le rédacteur de la missive reproche également aux nouveaux dirigeants du parti de «dévier de la ligne directrice du FFS et de son combat pour la justice et la démocratie». «Comment se fait-il qu’une simple déclaration à l’échelle communale doive se soumettre à l’aval de la direction du parti ?», s’interroge M. Medjkoune. Et d’ajouter : «Nonobstant les sacrifices inénarrables que j’ai consentis pour honorer mes engagements auprès du plus vieux parti de l’opposition, la direction du parti semble ignorer les désidératas de la base. Dans le cadre de la commémoration du 61e anniversaire du Congrès de la Soummam, le 20 août 2017, j’ai été jusqu’à envoyer ma petite famille chez mon gendre afin d’accueillir une des membres de la direction nationale du parti», confie-t-il pour conclure.
Bachir Djaider
