Ath Hamdoun est un village qui connaît une extension urbaine fulgurante avec l’apparition de nouveaux pâtés de maisons. Situé dans la commune d’Aghbalou, il est peuplé d’environ 5 000 habitants. Perché sur une colline au piémont de l’un des contreforts méridionaux de la chaîne montagneuse du Djurdjura, il domine les localités de l’arrière-pays de la vallée de la Soummam comme la ville de Tazmalt. A Ath Hamdoun, les traditions ancestrales sont toujours de mises, nonobstant la modernisation tous azimuts. Les valeurs morales sont toujours de rigueur dans ces contrées, où l’entraide et « la loi » de l’assemblée du village sont encore respectées. Le village compte une impressionnante communauté émigrée, établie essentiellement en France, laquelle n’a jamais coupé le cordon ombilical d’avec « tamurt ». «Ils répondent toujours présents, disponibles à aider leur concitoyens qui sont dans le besoin. Les émigrés originaires de notre village ont même constitué des associations en France pour aider les villageois, que ce soit en leur faisant parvenir des médicaments rares ou introuvables au pays, de l’argent et des tas d’autres choses», témoigne-t-on. Par ailleurs, parallèlement à cet esprit de solidarité « d’outre-mer », il y a aussi le « fameux » système des cotisations pratiqué encore de nos jours dans ce village pour la réalisation de différents travaux d’utilité publique. Les habitants, s’étant résolus à se prendre en charge, ont réalisé beaucoup de choses dignes d’un « petit Etat » dans un état. Effectivement, retroussant à chaque fois les manches lorsque le besoin se fait ressentir, les villageois ont bétonné par exemple les venelles et ruelles du village en mettant fin au calvaire de la boue et des mares d’eau de pluie qui stagnent des jours durant. Cependant, il y a malgré tout un point noir qui persiste et les dépasse, c’est l’absence de caniveaux et d’avaloirs à même d’absorber les eaux pluviales qui dévalent à torrents. Cette défection fait que les efforts des villageois sont vite anéantis, tant le sol des ruelles revêtues se dégrade rapidement, avec des rigoles, des fissures et des trous béants qui apparaissent ici et là.
Y. S.
