Lounis Aït Menguellet a été distingué, hier, à l’université Mouloud Memmeri de Tizi-Ouzou, du titre de Docteur Honoris Causa.
Dans une ambiance festive empreinte de beaucoup d’émotion, la cérémonie s’est déroulée à la grande salle de l’auditorium. Lounis Aït Menguellet y fera une entrée qui sera accueillie par un tonnerre d’applaudissement et des youyous. Il était accompagné du recteur de l’université, M. Tessa, du wali de Tizi-Ouzou, M. Mohamed Bouderbali, du secrétaire général du HCA et du ministre de la Culture, M. Azzedine Mihoubi qui a rehaussé de sa présence l’événement. Plusieurs élus locaux étaient également là pour lui au même titre qu’un nombre d’artistes, d’amis, dont l’illustre Kamel Hamadi, de sa famille et de ses fans. L’ouverture de la cérémonie se fera par un jeune étudiant avec l’interprétation de la chanson «Urdjigh». Un voyage, en somme, qui a emporté l’assistance très loin derrière, dans la carrière de Lounis Aït Menguellet qui a bouclé cette année ses 50 ans de carrière. S’en est suivies des prises de paroles de la part du ministre, du wali et du recteur. Sous les applaudissements nourris des présents, tous se sont accordés à souligner l’apport indéniable du poète pour la langue et la culture berbères. Le SG du HCA annoncera pour l’occasion que la 15e édition de la revue «Tamazight Thura» lui sera dédié : «Le numéro sera un récapitulatif de tout ce qui a été fait sur le sage, après la 14e édition consacrée au centenaire de la naissance de Mouloud Mammeri», fera-t-il savoir. Il a rappelé, en outre, l’historique du Doctorat Honoris-Causa qui a été, précise-t-il, décerné la première fois en 1918. L’éternel Mammeri a été décoré de ce titre honorifique par l’université de la Sorbonne, rappellera-t-il, en notant l’étroite association entre ces deux grands noms. La réputation de Lounis Aït Menguellet dépasse de loin les frontières de la wilaya. Des fins fonds du désert algérien, un cadeau lui est parvenu d’Illizi. Il lui a été envoyé par les femmes d’Imzad pour l’occasion. Il était question, par ailleurs, d’évoquer les différents aspects de l’exploitation de l’œuvre d’Aït Menguellet, dans l’enceinte universitaire. Un aboutissement de 50 années de travail, qui ont été couronnées par cette distinction qui n’est que signe de reconnaissance pour son œuvre. Pour cette dernière, tout le monde s’accorde à dire que c’est le beau texte, la belle mélodie et une réflexion philosophique profonde. Son exploitation dans l’université donc, a été traduite par plusieurs ouvrages, mémoires et thèses. C’est devenu une matière féconde pour la recherche universitaire. Dans le détail, un enseignant de l’université a fait savoir que le chanteur a fait son entrée dans l’université algérienne depuis 20 ans. Son œuvre a été étudiée depuis les années 90 et exploité dans la recherche scientifique et académique universitaire. Plus de 10 mémoires de doctorats et thèses ont traité de son œuvre en 20 ans. Ces mémoires sont traduits en livres, qui désormais enrichissent les bibliothèques. Il a expliqué, en outre, que dix autres thèses ont été exploitées dans la littérature, la linguistique, la didactique. Plusieurs ont été traduites en arabe et en français. À noter qu’en fin de séance, un artiste peintre qui a pris place non loin de l’artiste dès l’ouverture de la cérémonie, a pu achever son œuvre qui n’était autre que son portrait (celui de Lounis Aït Menguellet ndlr). Le résultat fut époustouflant et la ressemblance frappante. La cerise sur le gâteau Lounis l’aura sans doute eu de ses fans en centaines qui lui ont offert un grand bain de foule, d’amour et d’admiration. Des larmes ont été même écrasées de part et d’autres.
Kamela Haddoum.

