Des rafales de vent d’une extrème violence ont secoué toute la région vingt quatre heures durant, pendant toute la journée de vendredi et la nuit de samedi. Si fort heureusement, aucune perte en vies humaines n’est à déplorer, l’arboriculture par contre a subi de plein fouet ces tempêtes de vent, particulièrement les arbres fruitiers. Les dégâts sont à considérer comme une mini-catastrophe étant donné que le mois de mars est la période où se produit l’éclosion de la récolte à venir ; ces arbres ont complètement perdu les fleurs apparues dès la fin des gelées et verglas, le violent vent ayant eu prise sur les pétales. Des cerisiers, pommiers, et autres pêchers ont été complètement dénudés. Même les récoltes d’une autre nature n’ont pas échappé à ces rafales saccadées, d’une rare violence, telles que les fèves qui elles aussi ont fleuri. De plus, les pousses de fèves non protégés par des haies ont été carrément renversés et brisés. Les petits agriculteurs qui ont trimé à la bêche et à la pioche voient leurs efforts anéantis par un vent capricieux qui a bien choisi la période pour semer la désolation sur son passage ; comme si les autres contraintes que rencontrent ces petits fellahs, à commencer par les ravages que causent les nombreuses hordes de sangliers, qui sont la hantise de ces malheureux, n’étaient pas suffisantes, et qu’il fallait que le climat s’en mêlât pour balayer l’espoir d’alléger le fardeau des dépenses de ces campagnards, aux revenus insignifiants pour les uns, inexistants pour d’autres, que seule leur fierté légendaire empêche de plier l’échine sous le poids des difficultés quotidiennes à subvenir aux besoins de leur progéniture.
Omar Soualah
