Le calendrier agraire amazigh semble être renvoyé aux calendes grecques, ces derniers temps. En effet, peu de paysans observent, de nos jours, les rites accompagnant ce calendrier ancestral qui rythmait autrefois la vie quotidienne de nos aïeux. L’oubli, le recul du travail de la terre et les temps modernes ont eu raison de ce calendrier agraire, pourtant riche en enseignements, en événements et en fêtes rituelles et coutumières. Nous sommes en pleine saison automnale, où la sécheresse domine sans partage la terre devenue sèche et poussiéreuse. Des nuages passent par moments sans apporter les pluies tant attendues, surtout par les fellahs qui s’inquiètent de cette situation qualifiée de «cauchemardesque». Les différentes campagnes agricoles en prévision (oléicole, céréalière,… ) risquent de ne pas démarrer comme tant souhaité par les agriculteurs de la vallée du Sahel pour ne citer que cette région charnière de la wilaya de Bouira. Les champs sont comme grillés donnant un aspect lunaire, car il n’y a pas d’eau. Les arbres, comme les oliviers, périclitent en donnant un aspect inquiétant avec des feuillages presque calcinés par le soleil et la sécheresse qui sévit encore depuis des mois. Toute «cette situation ne présage rien de bon», pensent les fellahs de la région avec lesquels nous nous sommes entretenus. Concernant la campagne oléicole pour cette année, de l’avis de beaucoup de propriétaires d’oliveraies de ces contrées, elle «ne s’annonce pas sous de bons auspices pour la simple raison que la sécheresse a eu raison des olives qui sont sèches et peu fructifiées». Par ailleurs, faut-il le souligner, d’après le calendrier agraire Berbère, nous sommes actuellement en pleine période de débroussaillement appelée en kabyle «Azevar». En effet, c’est durant cette période de l’année, qui s’étale du 1 au 26 octobre de chaque année, où les oliveraies renouent avec l’ambiance humaine après un été bien « silencieux ». Ce rite agricole pratiqué par nos ancêtres consistait en le nettoyage, le débroussaillement et le désherbage des dessous et alentours des oliviers en vue de préparer la récolte des olives qui intervient généralement à partir du mois de novembre. Ainsi, les pioches, les sécateurs, les sarcleurs et les haches, entre autres, sont utilisés pour mener à bien cette pratique et ces travaux champêtres destinés à préparer la cueillette des olives dans de bonnes conditions. Cependant, force est de constater que ces travaux tendent à disparaître, de nos jours, où les oliviers sont laissés à l’abandon sans aucun entretien. À présent, beaucoup de villageois ont délaissé le travail de la terre, trop dur aux yeux de certains.
Y. Samir
