Vallée du Sahel – Des oueds transformés en égouts à ciel ouvert

L’été semble jouer les prolongations, tant il fait encore chaud et beau. Nous sommes en pleine saison d’automne, et pas un orage n’a éclaté depuis son arrivée. La sécheresse estivale semble bien « installée » avec son temps sec et… poussiéreux. La région de la vallée du Sahel, située à l’Est du département de Bouira, est touchée, à l’instar du reste du pays, par le manque de pluies, dont d’aucuns appréhendent déjà les retombées. L’agriculture pâtit énormément de cet état de fait avec des milliers d’oliviers déjà sont mal-en-point. Les feuillages sont comme grillés par les lards du soleil, qui continue à frapper fort. Le sol est dur, poussiéreux et crevassé. La campagne des premiers labourages est reportée sine die, tant que la pluie n’est pas tombée pour « attendrir » le sol, devenu dur comme un roc. Le niveau de l’eau souterraine a également chuté, puisque beaucoup de puits sont à sec, alors que d’autres n’en referment que « quelques » gouttes. Les eaux de surface ne sont pas en reste, puisque les rivières qui traversent cette région charnière de la wilaya de Bouira sont, pour la plupart, « inertes » et à sec. A l’exemple des oueds de Tiksiridène (Chorfa), Sidi Aïssa (Ahnif), Ouakkour (M’Chedallah), Tizerviline (Ath Mansour) et bien d’autres, où il ne subsiste aucune goutte d’eau. La sécheresse a fait son effet. Néanmoins, l’oued Sahel, le plus important cours d’eau dans ces contrées, tente encore de « résister » vaille que vaille à la sécheresse. Sur le pont ferroviaire de Toghza, où l’on pouvait dominer, en amont et en aval, un bon bout de l’oued Sahel, celui-ci donne une vue désolante avec un débit des plus faibles. L’eau est devenue glauque, probablement à cause de la pollution (rejets liquides et solides) avec des odeurs pestilentielles. Les algues ont envahi les rivages de la rivière, dénotant de sa pollution. L’écosystème aquatique est sérieusement affecté par cette situation effroyable. En réalité, les eaux qui suintent dans ce oued sont en grandes quantités des eaux usées déversées par les bouches des réseaux d’assainissement qui débouchent malheureusement sur le lit de cette rivière. Cela sans omettre les dizaines de tonnes de déchets jetées journellement sur les berges et le lit de ce cours d’eau.

Y. S.