Des dizaines de personnes travaillant dans le cadre du pré-emploi au niveau du secteur des impôts de la wilaya de Bouira ont observé, hier matin, un sit-in devant leur direction, sise à la cité administrative de Draâ El Bordj, pour exiger leur «intégration directe». À noter que ces jeunes ont passé un concours pour accéder au poste d’inspecteur principal et d’inspecteur le 15 septembre dernier. Un concours externe qui a drainé plus d’un millier de postulants pour 11 postes d’inspecteurs principaux et quatre postes d’inspecteur. Revendiquant la priorité aux personnes ayant «moins d’ancienneté», les protestataires refusent que la liste des lauréats du concours, qui devait être affichée hier, soit rendue publique : «Nous exigeons l’intégration directe au vu de notre ancienneté dans les tâches effectuées au quotidien dans l’administration des impôts. Il y a des travailleurs parmi nous qui cumulent jusqu’à dix années de travail, rémunérées dans le cadre du pré-emploi, alors que les postes ont été attribués à des personnes cumulant à peine 48 mois d’expérience. C’est une manière de faire antiéconomique !», déclare un des protestataires rencontré sur les lieux. Un de ses camarades mettra en exergue le fait que leurs sacrifices au fil des années se sont fait de manière dévouée : «Avec les nouvelles structures centralisées, nous avons consenti à des sacrifices durant des années, en nous déplaçant de loin pour rejoindre le chef-lieu de wilaya. On a fait l’impossible afin d’accomplir notre travail de manière satisfaisante, et ce, pour un salaire de misère. Nous avons enduré cela dans l’espoir d’être un jour recrutés pour nos compétences, mais voilà que l’administration ne s’est pas encombrée de ces critères pour choisir les nouvelles recrues. Aujourd’hui, personne n’est présent pour nous recevoir et nous n’avons aucun interlocuteur, malgré le fait d’avoir été exploités de la sorte des années durant», fulmine un autre jeune, comptabilisant sept années de travail dans les services des impôts. Ainsi, l’on apprendra que les lauréats de ce concours sont, pour la plupart, des nouveaux éléments du pré-emploi, disposant de «très peu d’expérience», comparés aux plus anciens. Après avoir attendu de longues heures devant la direction des impôts, et étant donné qu’aucun responsable n’était présent pour les recevoir, les protestataires ont levé le camp en début d’après-midi. Ils menacent, néanmoins, de revenir à la charge si l’administration des impôts «ne prend pas rapidement en charge la révision du traitement des dossiers, en prenant en considération le facteur ancienneté».
Hafidh Bessaoudi
