BOUFHIMA 160 logements RHP – Les pré-bénéficiaires s'organisent

Bien que les habitants des cités précaires de Boufhima et de Tazrout, dans la commune de Draâ El-Mizan, aient eu leurs pré-affectations le mois de mai dernier pour être relogés dans le site où sont implantés 160 logements RHP (résorption de l’habitat précaire), ceux-ci ne semblent pas encore au bout de leurs peines. «Certes, nous avons ces décisions. Mais, habiter ces logements n’est pas pour demain, d’autant qu’ils ne sont pas raccordés à d’assainissement. Or, ces unités commencent déjà à se dégrader. Leurs façades s’effritent de jour en jour. Certains lampadaires de l’éclairage public sont déjà saccagés», déplore un bénéficiaire. Il est à rappeler que devant cette attente, les pré-bénéficiaires ont observé, dernièrement, un sit-in devant la daïra. «On nous a répondu que ces logements seraient raccordés à l’ancien réseau parce que si on attend qu’une enveloppe soit dégagée pour les trois mille cinq cents mètres d’assainissement, il faudra attendre des années encore, notamment en ces moments des restrictions des dépenses», explique un autre membre du collectif. Justement, dans le but de faire avancer les choses, les pré-bénéficiaires se sont réunis, vendredi dernier, pour créer leur association. «Après avoir débattu de tous les problèmes, il a semblé à l’assistance qu’il était temps de s’organiser, afin de mener les démarches et suivre toutes les voies possibles pour sortir de cette situation qui n’en finit pas. Nous avons, alors, dégagé un bureau composé de sept membres de chacune des deux cités concernées», répond un membre actif du collectif des habitants. Et de poursuivre: «En tout cas, c’est la manière la plus adéquate pour défendre notre droit au relogement dans le plus brefs délais. Pour le moment, on doit suivre au quotidien le problème de l’assainissement, notamment. On peut habiter sans eau, gaz ou électricité, bien que ces commodités sont indispensables, mais pas sans assainissement. Pour l’électricité, en principe, les raccordements aux niches a été fait. Donc, on devra nous concentrer sur l’essentiel». Il est à souligner que les habitants de ces deux cités datant de l’ère coloniale disent vivre, à ce jour, dans des conditions extrêmement délicates, notamment en hiver. «Quand il pleut et vente, nous sommes obligés de passer la nuit sous le froid de peur que les toits nous tombent sur la tête», dit un père de famille, qui jure ne pas fermer l’œil souvent la nuit, pour veiller sur ses enfant.

Amar Ouramdane