Ces séances de travail font suite aux orientations du gouvernement relatives à ce sujet et issues des décisions prises par le Conseil des ministres du lundi 27 février présidé par le président de la République et consacré, entre autres thèmes, au programme complémentaire des Hauts-Plateaux pour lequel une enveloppe financière globale de 620 milliard de dinars est allouée. La partie sud de la wilaya de Bouira, limitrophe des wilayas de M’sila, Médéa et Bordj Bou Arréridj est constitué de vastes territoires présteppiques et steppiques faisant partie du long couloir des Hauts-Plateaux. Deux daïras, constituées de dix communes, s’étalent sur ces territoires : Sour El Ghozlane et Bordj Okhriss. Pour la wilaya de Bouira, cette zone constitue la « porte » par laquelle la désertification s’annonce. A vocation purement agropastorale, la région se caractérise par une dégradation prononcée du couvert végétal et des parcours dus essentiellement à la surexploitation des ressources naturelles sans alternative viable, jusqu’à ce jour, de les faire régénérer ; comme elle évolue dans les systèmes de production archaïques qui n’ont pas permis l’installation de la polyculture par le moyen de la mobilisation de l’eau. Sur les plans de l’infrastructure et des équipements publics, une grande partie de ces communes enregistrent des déficits considérables. Tous ces facteurs conjugués aboutissent à des taux de chômages très élevés (50 à 60%) se situant nettement au-dessus de la moyenne de la wilaya estimée à environ 30% de la population active. De par le passé particulièrement dans les années 80, des diagnostics fort critiques furent dressés par des bureaux d’études nationaux et étrangers concernant les territoires steppiques de la wilaya de Bouira et les conditions écologiques et sociales qui y prévalent. Mieux, des plans d’aménagement intégrés- essentiellement dans le domaine agricole- ont été établis pour ces communes, y compris dans le cadre du barrage vert. Cependant, la mise en pratique des actions préconisées s’est toujours heurtée à la rigidité des structures sociales et à l’organisation de l’économie traditionnelle basée sur le mouton et les céréales. D’ailleurs, les anciens géographes coloniaux ont classé clairement cette zone dans le grand couloir appelé « Zone du mouton » allant de Naâma à Tébessa. Sur le plan démographique, les parties les plus extrêmes de la steppe bouirie enregistrent une densité très faible tournant autour de 40 habitants/km2 (la commune de Maâmora a une densité de 32h/km2) alors que les communes rurales du nord de la wilaya voient leur densité humaine monter à 400 h/km2 (exemple de Chorfa : 552), sans parler des centres urbains où les statistiques officielles montrent des pics de 652 pour Lakhdaria et 930 pour la ville de Bouira. Cette configuration démographique entraîne inévitablement une répartition très disséminée de l’habitat, d’où il résulte des difficultés en matière de desserte et de désenclavement, d’électrification, de mobilisation de ressources hydriques, d’assainissement, de la gestion de la carte scolaire et des infrastructures sanitaires. A cela s’ajoutent les séquelles de la décennie du terrorisme qui a été à l’origine d’un exode massif au niveau des bourgades de la région. Le retour se fait progressivement, mais il est souvent freiné par les conditions socioéconomiques qui se sont aggravées pendant cet intervalle de temps. Le territoire de la wilaya de Bouira qui s’insère dans cette notion géographique de Hauts Plateaux s’étend sur une superficie de 1. 528 km2 et abrite une population estimée à 117 000 habitants.
Amar Naït Messaoud
